Cameroun: « Les travailleurs se réjouissent de cette décision »


Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, explique.

Monsieur le ministre, le chef de l’Etat a signé le 8 juillet 2020 un important décret portant revalorisation des pensions de vieillesse et d’invalidités et décès. Est-ce ce que les travailleurs avec lesquels vous êtes en contact permanent attendaient cette nouvelle?

Les travailleurs attendent beaucoup de choses et ils sont en droit d’espérer plusieurs avancées en plus de toutes les performances déjà enregistrées ensemble en matière de sécurité sociale notamment. Oui les travailleurs attendaient ce décret depuis que, sous les très hautes directives du président de la République, Son Excellence Paul Biya, le Premier ministre, chef du gouvernement a officiellement annoncé la veille du 1er mai 2020 cette augmentation au bénéfice des retraités dans le cadre des mesures socio-économiques prises par le gouvernement en vue d’atténuer les effets liés au coronavirus. Les travailleurs se réjouissent de cette décision. Le chef de l’Etat toujours à l’écoute vient encore de poser un acte majeur dans le sens du progrès social pour tous dans notre pays.

Nous avons constaté que votre département ministériel communique en ce moment sur l’amélioration de la qualité de service et encourage les usagers à dénoncer les mauvaises pratiques à travers un avis publié dans certains journaux. Qu’est-ce qui motive cette démarche?

Depuis quelques années nous encourageons les usagers à nous saisir par différents canaux. Grâce à cette approche nous avons pu répondre plus rapidement à des sollicitations qui les préoccupent au quotidien et qui ont trait au sous-secteur Travail et Sécurité sociale. Cette collaboration nous a permis d’évoluer considérablement en matière de diligence dans le traitement des dossiers, en matière de renforcement de la transparence en interne mais surtout en matière de réduction efficace des lourdeurs dans le cadre de l’accomplissement de nos missions. En fait, nous sommes convaincus aujourd’hui que si notre administration s’améliore, si nous enregistrons des avancées remarquables dans l’implémentation des politiques publiques dans le sous-secteur, c’est avec la contribution non seulement des partenaires sociaux à travers les instances de dialogue mises en place mais aussi grâce à cette disposition à répondre aux sollicitations des citoyens.

Pourquoi le rappeler alors que cette méthode semble fonctionner?

Parce que pour nous cette collaboration avec les usagers doit être permanente et étant entendu que l’usager reste au centre de nos préoccupations, nous devons sans cesse réinventer le service public et améliorer nos prestations. Raison de plus pour redire notre engagement à les écouter et à bâtir avec eux la République exemplaire que le chef de l’Etat appelle de tous ses vœux. Cette dernière passe aussi par une administration sectorielle entièrement au service des usagers.

En guise d’exemple ou d’illustration, qu’est-ce qui a changé de manière significative dans le traitement des dossiers au ministère du Travail et de la Sécurité sociale?

Nous avons par exemple fait passer les délais de traitement des dossiers de l’agrément à la médecine du travail de plusieurs années à huit semaines maximum et la délivrance des arrêtés d’attribution des médailles d’honneur du travail de plusieurs années à six semaines maximum. Il convient de noter que toutes ces procédures sont gratuites. Au niveau de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, la digitalisation se poursuit et les témoignages sur l’amélioration du service sont légion aujourd’hui de la part des pensionnés. Sur le terrain, les inspecteurs travaillent sans relâche à l’amélioration des relations entre travailleurs et employeurs, conformément à la loi, à travers des visites d’inspection régulières. Ici précisément, il s’est avéré que nous étions souvent informés lorsque les choses n’allaient plus en entreprises, lorsque le climat social était déjà menacé. J’ai alors prescrit à mes collaborateurs une inspection du travail proactive qui consiste à aller en visites d’inspection régulières mais pas intempestives en entreprises pour anticiper sur les litiges en encourageant au dialogue et à la recherche concertée des solutions réalistes et pérennes.

L’actualité reste fortement dominée par la crise du coronavirus et le monde du travail en est fortement impacté. Qu’est-ce qui est fait par votre département ministériel pour rassurer les travailleurs ?

Nous avons tout de suite prescrit aux partenaires sociaux et à nos collaborateurs des orientations allant dans le sens du strict respect des mesures barrières instruites par le chef de l’Etat et rappelées par le Premier ministre à mettre en place pour faire face à la pandémie d’une part. Nous avons aussi engagé des actions pour garantir un meilleur respect des lois en vigueur en matière de réorganisation du travail en entreprises, dont les activités ont été impactées par la pandémie. Nous avons par ailleurs veillé à donner la bonne information à travers des circulaires et communiqués de presse aux acteurs du monde du travail.

Evidemment, il y’a eu des abus regrettables et nous avons pu mettre un terme à quelques-uns en amont. Nous avons dû réagir à d’autres dans le souci de mieux encadrer les procédures de licenciement ou de mise en chômage technique des travailleurs à travers le dialogue social bipartite et l’application des textes en période de crise tel que rappelé alors par l’Organisation Internationale du Travail. C’était aussi l’occasion pour nous de mettre l’accent sur les Comités d’Hygiène et de Sécurité (CHS) dont les missions sont essentielles en entreprises en matière de dialogue social pour anticiper les conflits et éviter les litiges en même temps que les accidents du travail. Nous avons donc insisté sur leur fonctionnement effectif et multiplié les visites d’inspection en vue de protéger les droits des travailleurs en cette période particulière. Naturellement les actions engagées vont se poursuivre pour un meilleur respect de la législation.



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