Boubacar Sano Barry: « Surmontons nos réticences et rendons-nous à l’hôpital… » | Africa Guinee


Dans le cadre de la série de témoignages que nous vous annoncions précédemment, nous vous proposons cette fois celui de Boubacar Sanso Barry, notre confrère, Administrateur Général du site ledjely.com. En ce qui le concerne, il met l’accent sur l’importance qu’il y a à faire confiance à nos structures sanitaires et aux médecins et infirmiers qui y opèrent. En raison de la persistance de certaines idées reçues et autre rumeurs infondées, beaucoup continueraient en effet à nourrir des appréhensions et de la méfiance vis-à-vis de structures officielles de prise en charge du Covid-19. Ce confrère qui a désormais recouvré sa santé nous invite à vaincre nos peurs et à dominer notre méfiance. Notre survie et la victoire contre la pandémie peuvent en dépendre. 

Il semble que certains Guinéens souffrant de Covid-19 ou sur lesquels il y aurait des présomptions seraient toujours réticents à se laisser prendre en charge par les structures sanitaires. Qu’auriez-vous à leur dire ?

Avant d’aborder la question en tant que telle, vous me permettrez tout d’abord, même si je l’avais déjà fait, d’exprimer une nouvelle fois ma gratitude à tous et à toutes celles qui m’avaient témoigné leur soutien et leur compassion quand j’ai été admis à Donka pour des raisons de Covid-19. Encore une fois, je reste convaincu que cela a grandement pesé dans ma rémission. Merci donc.

Maintenant, pour ce qui est du message que j’aurais à l’intention de ceux qui seraient encore réticents à se rendre dans les structures sanitaires, je leur dis tout de suite de dominer cette réticence. Dans le précédent témoignage d’Aboubacar Diallo, il nous avait amplement démontré les méfaits de l’automédication. Et moi, je voudrais ici ajouter qu’il faut se rendre très vite à l’hôpital. M’inspirant en effet de mon propre cas, je pense que plus vous êtes pris en charge très tôt, plus vous avez des chances d’éviter la complication. De fait, moi je n’avais pas encore les symptômes quand j’ai décidé d’aller me soumettre au test. Puis, dès que les résultats m’ont confirmé positif, je me suis rendu au centre de traitement de Donka. Et par la grâce de Dieu, je n’ai rencontré aucune complication majeure jusqu’à ma sortie, deux semaines plus tard.

Pourtant, il m’a aussi été dit de ne pas m’y rendre. D’aucuns alléguant que la pandémie est une invention. « Comment peux-tu espérer trouver dans nos hôpitaux-mouroirs le remède que les Occidentaux eux-mêmes n’ont pas trouvé », me demandaient d’autres ? Quelques-uns de ceux-là ajoutaient : « s’il était écrit que l’on doit mourir de ce virus, ce sera le cas qu’on se rende à l’hôpital ou non. Mais au moins, si la mort intervient à domicile, on a la chance que son corps ait droit au traitement préconisé par l’Islam ». Bien sûr, avec de telles idées, j’aurais pu me résoudre à rester à la maison. Mais je ne l’ai pas fait. Et je pense que ne n’ai pas eu tort. Aussi, j’invite tous ceux qui sont encore hésitants à faire la même démarche. Surtout, à le faire le plus tôt possible.

Pourquoi, à votre avis, devrons-nous faire confiance à nos hôpitaux et à nos médecins ?

Je pense que les chiffres sont là pour répondre à ma place. A la date du 19 juillet 2020, la Guinée fait un total de 6544 cas confirmés dont 5511 guéris. Malheureusement, nous déplorons à cette date 39 décès. Je voudrais ici prier pour le repos de leurs âmes. De même, j’adresse mes condoléances les plus attristées à leurs familles respectives. Ce sont des pertes toujours regrettables. Mais ailleurs, y compris en Afrique, les bilans sont plus lourds. On doit cela à la mobilisation des autorités et de tous les partenaires pour notamment réunir les conditions d’une prise en charge optimale des patients. On le doit aussi aux médecins et infirmiers qui se relaient au chevet de ces patients. Certes, ils n’exercent pas forcément dans les conditions les meilleures, mais ils sont dévoués et s’efforcent de faire en sorte que notre pays surmonte cet autre fléau. J’ai personnellement eu l’occasion de le constater. Les gens n’ont donc rien à craindre.

 

 



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