Cameroun: Dossier spécial – Agriculture et élevage, à l’heure de la modernité


Au Cameroun, l’agro-pastoral est l’un des secteurs les plus dynamiques. A ce jour, il occupe environ 70% de la population active. Seulement, ce dynamisme n’est pas assez fort, au regard des possibilités et des opportunités.

Avec une superficie de 4754 442 km2, le pays dispose de 71 250 km² de terre arables dont seulement 29% sont jusqu’ici exploitées. Les 71% restants sont donc des opportunités que chaque Camerounais devrait pouvoir saisir non seulement pour créer des emplois, mais aussi pour contribuer au développement de l’Afrique en miniature. La mécanisation agricole, la modernisation de la pêche en cours d’implémentation, doivent donc gagner en intensité pour non seulement impacter la croissance économique, mais aussi garantir une complète autosuffisance alimentaire, tant des produits bruts que de leurs dérivés localement transformés. Heureusement, l’Etat y travaille, à travers des projets et programmes de soutien financier et matériel, de formations diverses, mais aussi de développement et d’ouverture de marché.

Ces dernières années par exemple, dans le sous-secteur élevage, la modernisation de la filière bovine est en marche. Dans le cadre du Plan d’urgence triennal, on a vu la construction d’un abattoir industriel d’une capacité de 250 têtes par jour à Ngaoundéré, la construction de quatre entrepôts frigorifiques à travers le pays pour permettre une meilleure conservation de la viande. Il y a aussi un entrepôt d’une capacité de 6000 m3 à Yaoundé, ceux de 3000 m3 à Ngaoundéré et Kribi, et celui de 1400 m3 à Ebolowa. Le Projet de développement de l’élevage, mais en place grâce un important financement de la Banque mondiale, va soutenir toute la chaîne de valeur élevage.

Sur le plan de la pêche et de l’aquaculture en l’occurrence, le ministère dédié, à travers une veille technologique, a récemment vulgarisé de nouvelles méthodes aquacoles pour booster l’activité et renforcer la présence de ces produits dans les marchés. Il s’agit notamment des cages flottantes, des bacs hors sols ou circulaires dont l’objectif est entre autres de vulgariser l’activité auprès des personnes disposant de petits espaces. « Avec cette technique, même dans sa cour, on peut élever du poisson », indique un responsable au Minepia. D’ailleurs l’activité gagne tellement de terrain qu’on est passé d’à peine 3000 tonnes par an à une production variant entre 10 000 et 15 000 tonnes chaque année. Toujours dans le domaine du poisson, il est prévu, la construction très prochaine, grâce à un don japonais non remboursable, d’un quai de débarquement fait d’un débarcadère et d’un marché aux poissons dans la localité de Youpwe à Douala.

Quant au sous-secteur agricole, déjà très vaste, il se distingue aussi dans l’économie nationale. Selon les statistiques du Minader, la part de l’agriculture dans la croissance économique du Cameroun a été de 76,38% en 2017, en nette amélioration par rapport à 2016 où cette contribution était de 68%. Mais on peut faire mieux. D’où la multiplication des projets pour définitivement moderniser l’activité. La récente réorganisation du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) rentre aussi dans les initiatives de modernisation de l’agriculture camerounaise. La production de semences de qualité (mises au point par le Minresi) et la mise à disposition de matériel végétal de qualité permettent d’accroître les rendements des différentes spéculations. La relance de certains secteurs de production, en renforçant le dispositif industriel, en accentuant la transformation sur place des produits de notre terroir est aussi prévue.

Pour ce qui est du riz par exemple, Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural indique que la production ne peut faire un grand bond en avant que lorsque les périmètres hydro-agricoles, conduits par plusieurs projets comme le Plan d’urgence triennal (6 700 ha) à Zina, deux projets de la Banque mondiale qui permettront d’avoir 8 000 ha dans le Mayo-Danay et 11 000 ha dans la Bénoué pourront effectivement être utilisables. Objectif avoir environ 50 000 ha pour une production qui devrait avoisiner les 400 000 tonnes par an, contre environ 360 000 actuellement. Sauf qu’une bonne partie de cette production est destinée à l’exportation, sous la forme non décortiquée. Quant au poisson, la production locale avoisine les 300 tonnes annuelles. L’heure est donc définitivement à la modernisation de l’agro-pastoral au Cameroun, pour en tirer tous les dividendes possibles, tant pour la promotion du made in Cameroon que pour la réduction du déficit de la balance commerciale, entre autres…



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