Cameroun: Septentrion – A grands pas


La mécanisation et la modernisation des pratiques culturales se développent dans le Grand Nord à une vitesse appréciable.

Wassandé et Borongo dans l’Adamaoua. Yoko-Vognha dans le Nord. Yagoua dans l’Extrême-Nord. Trois sites. Trois cultures. Le maïs pour la première plateforme. Le coton pour la deuxième. Le riz pour la troisième. Lorsqu’on parle modernisation de l’agriculture dans le Grand Nord, ces villages constituent des « sites-pilotes ». On peut ajouter deux autres espaces symboliques. En matière d’élevage, Wackwa dans l’Adamaoua et Bockle dans le Nord sont des références. Non seulement Wackwa sert de site d’expérimentation pour différents projets, mais ce village abrite également, depuis 2018, l’abattoir industriel de Ngaoundéré, fleuron de l’abattage moderne des bœufs dans la sous-région. Quant à Bockle, il est le « QG » du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet).

Du 14 au 17 janvier dernier, Yoko-Vognha, localité de l’arrondissement de Touboro, département du Mayo-Rey, région du Nord est sortie de l’anonymat. La Société de développement du coton du Cameroun (Sodécoton) a jeté son dévolu sur ce site pour en faire une ferme d’expérimentation. Dans ce vaste espace, se déroulent depuis quatre ans déjà, des essais en vue d’adapter la mécanisation des opérations agricoles à la production cotonnière. Et notamment à la récolte. L’objectif est d’accélérer la mécanisation de la culture du coton. Autour du top management de la Sodecoton conduit par son DG, Mohamadou Bayero se trouvaient les responsables de la Société de service pour l’Europe et l’Afrique (Sosea) et ceux de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C).

Certains pays africains et européens producteurs ou intéressés par « l’or blanc » étaient également de la partie. La Côte d’Ivoire, le Tchad, le Sénégal, le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, la France, la Biélorussie étaient venus partager l’expérience de la Sodecoton. De l’avis des participants, l’entreprise camerounaise a une longueur d’avance sur ses consœurs dans la modernisation des techniques agricoles. Améliorer le rendement à l’hectare, vulgariser et moderniser les techniques de semi et de récolte par des machines, c’est le principal défi des producteurs. Pas seulement de coton mais aussi des autres spéculations, particulièrement des céréales (riz, maïs, sorgho, soja… .) en vogue dans le Septentrion, cet écosystème qui s’étend des plaines de Banyo jusqu’aux bandes de terre de Kousséri en passant par les vastes terres de Ngaoundéré, Garoua, Mokolo, Yagoua. Cette dernière ville citée, siège de la Semry, est l’une des deux plus grandes agro-industries du Grand Nord avec la Sodécoton.

Les deux entreprises sont confrontées au même problème : celui de la modernisation de leur appareil de production. La problématique de l’agriculture de seconde génération est structurée autour de la disponibilité des équipements agricoles et des terres. Le 10 juillet dernier, Abbas Jaber, PDG de Advens Géocoton, un partenaire de la Sodecoton, a confirmé au cours des audiences que lui ont accordées les hautes autorités du pays, le potentiel du Grand Nord, réservoir d’espaces cultivables, bassin de pêche de prédilection, vivier d’élevage. Deux chiffres sont suffisamment révélateurs en ce qui concerne la culture du coton. En janvier dernier, le DG de la Sodécoton indiquait que sa structure travaille avec 200.000 producteurs. 7000 d’entre eux ayant intégré les pratiques modernes font le tiers de la production qui oscille entre 350.000 et 400.000 tonnes par an. Le Septentrion, zone agro-écologique résiliente, a des réserves foncières importantes et fertiles qui ne demandent qu’à être exploitées. Il faut agir sur la mécanisation même si, de l’avis des producteurs, celle-ci « coûte cher. »



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