Afrique: Bell – « C’est incompréhensible qu’un ancien footballeur soit empêché de présider aux destinées d’une Fédération »


Dakar — L’ancien gardien de but camerounais Joseph Antoine Bell dit difficilement comprendre qu’il ne puisse pas être permis à un joueur ayant représenté son pays au très haut niveau de se porter candidat à la présidence de la Fédération nationale en charge de sa discipline.

« C’est incompréhensible, il y a comme un besoin de couper les têtes qui dépassent », a dit le chroniqueur de RFI et ancien candidat à la présidence de la Fédération camerounaise de football, dans un entretien accordé mercredi à l’APS.

Selon Joseph Antoine Bell, les difficultés des anciens footballeurs africains surviennent au moment même où à la Fifa comme à la Confédération africaine de football (CAF), où il a été décidé d’associer les anciens à la gestion du football.

« C’est l’ancien président de la Fifa (Sepp) Blatter qui a lancé l’idée en premier en faisant appel à (Michel) Platini », a rappelé l’ancien gardien de but de l’OM, Bordeaux et Saint-Etienne (France).

Dès son élection en 2017 à la CAF, le président Ahmad a fait appel aux « Légendes » africaines pour faire avancer les choses, a ajouté Bell.

« Et ça doit être dans l’ordre naturel des choses », a-t-il dit, relevant qu’en Afrique, « ça ne pose aucun problème si ce sont des universitaires qui sont nommés recteurs dans les universités ».

« Mais si c’est un footballeur qui a joué partout et qui a représenté son pays à tous les niveaux, qui se porte candidat, il y a toujours à redire », a relevé Joseph Antoine Bell.

Mais pourtant, en acceptant qu’un ancien international puisse concourir et participer aux débats qui se tiennent dans le cadre d’une élection de ce type, « on permet d’avoir de nouvelles idées pour faire avancer la gestion de la fédération », a-t-il commenté.

Il est revenu sur le cas de Didier Drogba pour dire qu’en acceptant la candidature de l’ancien capitaine des Eléphants, « on fait le pari d’écouter ses idées et même si à la fin de l’aventure, il n’est pas élu, celui qui a reçu l’onction des clubs peut trouver certaines idées pertinentes et les ajouter à son programme ».

« Mais, souvent, on préfère se donner bonne conscience en faisant appel aux anciens qui ne remettent pas en cause votre gouvernance et qui n’ont souvent aucune ambition pour le football de leur pays », a estimé Bell.

Les footballeurs en activité doivent selon lui devenir les fers de lance de la remise en question de la gouvernance actuelle du football en Afrique, a fait valoir Joseph Antoine Bell.

Il déplore le fait que ces derniers « sont adulés par les dirigeants », tant qu’ils sont sur les terrains, mais « quand ils vont terminer leur carrière et avoir des aspirations pour faire bouger les choses, ils deviennent comme des pestiférés ».

« Personne n’a dit qu’il suffit d’avoir été un ancien joueur pour diriger les Fédérations, mais il y a aussi qu’on ne peut pas continuer à mettre à la marge ces anciens footballeurs, ces anciens arbitres qui peuvent faire bouger les choses dans le bon sens », a conclu Joseph Antoine Bell.



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