Cameroun: Domaine privé de l’Etat – Le massif forestier d’Ebo intégré


Le ministre Jules Doret Ndongo a exposé les implications d’un tel classement, entre autres au cours d’un point de presse mercredi dernier.

A la faveur d’un décret du Premier ministre, chef du gouvernement, le massif forestier d’Ebo est intégré dans le domaine forestier permanent. Il s’agit concrètement d’une portion de 68 385 hectares située dans les départements du Nkam et de la Sanaga Maritime, région du Littoral, constituée en Unité forestière d’aménagement (Ufa) et classée désormais dans le domaine privé de l’Etat. L’information a été rendue publique mercredi par le ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), Jules Doret Ndongo au cours d’un point de presse au cours duquel il a tenu à lever certaines équivoques.

A l’origine, le processus de classement du massif forestier d’Ebo remonte à 2006 avec la déclaration d’utilité publique d’une partie de sa superficie. La richesse de la biodiversité avait motivé une telle initiative. Toutefois, la non adhésion d’une bonne partie de la population va plomber l’issue finale attendue. « Les garanties souhaitées ainsi que les attentes des populations ne correspondaient pas aux standards requis en la matière », a indiqué le Minfof.

Une absence de consensus qui va exacerber l’exploitation forestière illégale et le braconnage dans la zone de 2012 à 2019. D’où l’intervention de l’Etat afin de « prendre des mesures fortes visant à reconfigurer cet espace, en essayant de concilier les impératifs de conservation et ceux de développement ».

La création d’une Ufa dans ledit massif forestier prend également en compte la reconnaissance de l’importance de la biodiversité y comprise. Il est prévu dans la perspective de la conservation, une portion résiduelle de 10 000 hectares dans le département du Mbam-et-Inoubou A cet égard, riverains et acteurs du monde de la recherche pourront vaquer aisément à leurs activités quotidiennes à l’intérieur de l’Ufa. « On n’arrache pas les terres des Banen », a clamé le Minfof qui a précisé qu’aucun acte administratif ne prive les riverains de leurs terres. « Il n’existe pas d’Ufa détentrice d’un titre foncier », a-t-il ajouté.

Il n’est nullement question de déporter qui que ce soit. L’appropriation des terres ne relève guère des missions du Minfof qui est chargé de « la gestion durable (exploitation, exportation, transformation, régénération) d’une richesse nationale qu’est la forêt ». En attendant l’identification prochaine de l’opérateur de l’Ufa et la mise en route des mécanismes de gestion participative, Jules Doret Ndongo appelle à un retour à la sérénité au sein des populations impactées, notamment la communauté Banen. «Les parties ont grand intérêt à s’écouter dans le cadre de ce processus, étant donné que nous continuerons à travailler avec les populations, les Ong et la société civile pour la gestion équilibrée de notre biodiversité », a-t-il conclu .



allafrica

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