Cameroun: Le Njapshe, le légume de l’amour


Notre série culinaire nous emmène aujourd’hui au Cameroun, déguster le Njapshe, légume qui charrie beaucoup d’anecdotes quand il est cuisiné par une femme du royaume Bamoun.

Une veillée familiale a eu lieu autour du feu. Nous sommes à Nkumengba, dans le royaume Bamoun, sur les hautes terres de l’ouest du Cameroun. Au chant du coq, Ndichout Nouriatou sort de la maison conjugale, prend un sceau et se dirige vers la plantation.

Deux kilomètres plus loin, la jeune femme coupe des feuilles vertes, légumineuses. C’est le Njapshe. La plante est cultivée généralement sur des terres humides.

Lorsqu’elle en a coupé suffisamment, Nouriatou retourne à la maison. Sa coépouse et les autres femmes de la concession lui prête main-forte pour préparer le couscous au njapshe.

Elle explique qu’il y a trois types de préparation du Njapshe : « il y a le njapshe qu’on prépare avec l’arachide ou le njapshe à la pistache, ou le sauté qu’on prépare avec la tomate. « 

Ingrédients et préparation

De la tomate, de l’oignon, du gingembre, de l’ail, du poivre blanc de penja, toute une panoplie de condiments sont cuisinés ensemble. Certains condiments réputés pour leur effet aphrodisiaque ou médical sont écrasés sur une pierre ovale.

Les tomates sont découpées ou râpées. Les condiments sont ainsi apprêtés alors que les feuilles découpées sont en train de bouillir dans la cuisine, sur un feu à bois.

C’est dans l’huile rouge de palme que les condiments sont rôtis. Le parfum qui s’en dégage à ce stade ouvre déjà l’appétit. Mais le processus se poursuit encore avec du poisson frais frit mélangé aux condiments, comme l’explique Mariama Pangutna. « C’est souvent sucré le couscous, avec nos petits poissons comme vous voyez là. »

Le couscous Njapshe, les hommes adorent

Le couscous, c’est du manioc séché et moulu, mélangé à de la poudre de maïs. Le mélange se tourne dans une marmite bouillante posée sur le feu. Tourner le couscous, comme cela se fait ici, nécessite de l’énergie et de la méthode. Autrement dit, une bonne boule de couscous est le résultat d’un savoir-faire féminin éprouvé.

« Les maris adorent les femmes qui savent cuisiner le Njapshe, parce que ce n’est pas n’importe qui, qui sait bien le cuisiner », confie Ndichout Nouriatou.

Les membres de la famille et les invités du jour sont regroupés dans deux secteurs, femmes d’un côté et hommes de l’autre. Les hommes ont des bidons de quenouh.

Mohamadou Indrissou, venu de Yaoundé, a voyagé toute la nuit pour prendre part à la rencontre.

Il nous explique ce que le quenouh « est une boisson traditionnelle bamoun. Ça se fabrique à base de canne à sucre. C’est une boisson rafraichissante traditionnelle bamoun. Elle accompagne la nourriture lors de fêtes et manifestations, surtout quand on a mangé le couscous Njapshe. On est content et on boit le quenouh », dit-il.

Le Njapshe accompagne le couscous. Le couscous accompagne le Njapshe. Au Cameroun, on reconnaît la vraie Bamoun par sa capacité à préparer le couscous au njapshe.



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