Baptême de l’université Ouaga II en Université Thomas-Sankara : « L’université est trop petite pour porter ce nom »


Trois jours après le baptême de l’université Ouaga II en Université Thomas-Sankara, nous avons recueilli les sentiments de quelques Ouagalais. Certains saluent une sage décision, et d’autres par contre estiment que même si on renomme tout le pays du nom du leader de la révolution burkinabè, rien ne va changer. Pour eux, il faut mettre en pratique les idées de l’homme.

Serge Bayala

Des citoyens Ouagalais apprécient positivement la décision du conseil des ministres du mercredi 22 juillet 2020. Le gouvernement a baptisé l’université Ouaga II en Université Thomas-Sankara. Pour Serge Bayala du Comité mémorial Thomas Sankara, « c’est un acte symboliquement et pédagogiquement significatif. Il est à saluer comme une contribution significative à la réhabilitation de la mémoire de ce jeune capitaine de 34 ans. Il a qualitativement bouleversé le destin de notre peuple. Au moment où des hommes de peu de reconnaissances se battent avec regain de rancune et de haine contre son cadavre qu’ils rêvent de trainer dans la boue, ce baptême de l’université Ouaga II en Université Thomas-Sankara est un acte pour réaffirmer aux yeux de tous les détracteurs qu’on ne peut pas salir l’or en tentant de le recouvrir de boue. Il brillera toujours et triomphera à jamais contre la jalousie et le manque de respect dus aux morts dans nos sociétés africaines. »

Madame Compaoré Jacqueline

Pour Prosper Simporé, vendeur de t-shirts et de livres de Thomas Sankara, c’est une fierté. C’est un pas de gagné selon lui. « On aurait fait quelque chose de plus grand. Comme c’est l’éducation, il n’y a pas de problème », a-t-il expliqué. Madame Jacqueline Compaoré, restauratrice, est également du même avis. Pour elle, Thomas Sankara fait partie de l’histoire du Burkina Faso. Elle soutient : « Même si nos enfants ne l’ont pas connu, je me dis qu’ils vont mieux le connaître maintenant. C’est une très bonne idée. »

Sankara Arsène

Arsène Fidèle Sankara, ingénieur de travaux publics, dit avoir été ému quand il a appris la décision du gouvernement. Il le félicite et encourage toute initiative tendant à pérenniser l’image de l’ancien président. L’Université Thomas-Sankara, selon lui, aura la lourde responsabilité de former des citoyens à l’image de Sankara. Joseph Hien, juriste et ancien étudiant de Ouaga II, salue lui aussi une belle initiative, le fait d’avoir pensé au père de la révolution burkinabè d’août 1983.

Toutefois, estime-t-il, « l’université, aussi noble qu’elle soit, est trop petite pour porter ce nom. J’aurais préféré que ce nom soit inscrit à l’entrée de l’aéroport international de Donsin par exemple. Thomas Sankara est tout une histoire. Qui dit Thomas Sankara dit pays des hommes intègres. Il est le symbole de l’intégrité, du vrai Burkinabè. »

Joseph Hien

Si beaucoup saluent cette action, d’autres par contre estiment que cela n’a pas beaucoup d’importance. Irène Zongo, enseignante, se demande si cela aura un impact positif sur la qualité de vie du campus. Pour elle, il faut que la notoriété de Thomas Sankara se répercute sur la qualité de l’université qui porte son nom. « Cela va de pair », croit-elle savoir.

Art Melody

Il faut donc des infrastructures adaptées, des étudiants bien outillés et des enseignants à la hauteur. Art Melody, artiste musicien, sur sa page Facebook, enfonce le clou : « Vous pouvez changer le nom du pays en Thomas Sankara. Mais, cela ne le réveillera pas. La mise en action des idées de Sankara fera la fierté de notre héros ».

Dimitri OUEDRAOGO

Lefaso.net





Burkina

A lire aussi

Laisser un commentaire