Castex déconseille les voyages en Catalogne, douche froide pour l’Espagne



Le Premier ministre français a “vivement recommandé” aux Français d’éviter les voyages en Catalogne, où la pandémie de Covid-19 repart de plus belle. Une décision que déplorent les autorités régionales, déjà échaudées par les restrictions imposées par la Norvège et la Belgique.

“Vous le savez, la Catalogne montre des indices sanitaires dégradés”, a déclaré Jean Castex vendredi lors d’un déplacement à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. “Nous recommandons vivement aux citoyens français d’éviter de se rendre en Catalogne, tant que la sécurité sanitaire ne s’améliore pas”, a-t-il ajouté

Les déclarations ont été accueillies froidement en Espagne, d’autant que M. Castex a également précisé que le ministre des Affaires étrangères français était “en contact avec les autorités espagnoles et catalanes pour faire en sorte que le flux de voyageurs en provenance d’Espagne soit le plus limité possible”, rapporte El Mundo.

“Malgré l’aggravation de la situation sanitaire en Catalogne, le gouvernement français n’a pas décrété la fermeture des frontières”, remarque néanmoins le quotidien de centre droit.

La décision n’en reste pas moins un “coup de massue pour la Catalogne, principale destination touristique espagnole en 2019 pour les voyageurs étrangers, dont 20 % étaient français”, relève La Vanguardia.

L’autre grand quotidien catalan, El Periódico, voit aussi dans l’annonce française “un coup très dur pour le secteur touristique, particulièrement touché par la crise”.

La Catalogne a enregistré plus de 8 500 nouveaux cas de Covid-19 ces 14 derniers jours, soit près de la moitié des cas enregistrés sur l’ensemble de l’Espagne sur la même période – et malgré les appels aux Barcelonais à rester chez eux.

Incompréhension

Une source au gouvernement régional catalan, interrogée par l’agence Reuters, a fait part de son incompréhension, estimant que la région “impose à chacun un degré de sécurité bien supérieur à ce qui est demandé ailleurs en Europe et notamment en France”.

Mais pour le quotidien conservateur ABC, les autorités espagnoles ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes. Le correspondant du journal à Paris assure qu’après avoir lancé un premier avertissement à Madrid le 18 juillet en menaçant de fermer les frontières, Jean Castex espérait un “dialogue” et une “discussion” avec le gouvernement de Pedro Sánchez, “en vain”.

Or “les doutes, réserves et avertissements de la France on beaucoup d’écho dans le reste de l’Europe et au sein de l’Union européenne, où le comportement du gouvernement espagnol suscite aussi des doutes et des réserves inquiétantes, à l’heure où le pays attend avec impatience l’octroi de crédits et de subventions”, poursuit le quotidien.

Pour emblématique qu’elle soit, la décision de la France n’est pas la première en Europe, rappelle El País. “La Norvège imposera à partir de samedi dix jours de quarantaine à tous les voyageurs en provenance d’Espagne”, écrit le quotidien de centre gauche, tandis que “la Belgique a été plus loin encore, en interdisant à ses ressortissants de se rendre à Huesca, après Lérida”, et en leur recommandant d’éviter plusieurs régions espagnoles, dont la Catalogne, l’Aragon et le Pays basque.

La radio Cadena Ser souligne que la France a également annoncé la mise en place d’un dépistage obligatoire pour les voyageurs en provenance de 16 pays – mais ce sont tous des pays hors Union européenne. “De fait, la Catalogne est la seule région d’Europe visée par une recommandation négative de la part des autorités françaises”.





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