Cameroun: Tabaski 2020 – Ngaoundéré déjà dans la fièvre


A quelques jours des festivités, on aperçoit les premiers moutons dans les espaces commerciaux de la ville.

Depuis quelques jours dans les rues de Ngaoundéré, des véhicules et motos taxi se disputent la chaussée avec des moutons. Pour les conducteurs, l’heure est à la vigilance et prudence sur certains axes où les bergers déambulent à la recherche de pâturages. Et l’on comprend très vite que le compte à rebours de la fête de la Tabaski est lancé. D’ailleurs, selon un communiqué de la Commission du Croissant lunaire, la célébration de la fête du Sacrifice aura lieu le vendredi, 31 juillet prochain au Cameroun. En attendant ce grand moment, la communauté musulmane est à l’adoration d’Allah. Ceci parce que, pendant les neuf jours qui précèdent la Tabaski, il est recommandé aux croyants non seulement d’intensifier la lecture du Coran, mais aussi de faire plus d’aumône, voire de jeûner.

En dehors de cet aspect purement spirituel, les fidèles musulmans réfléchissent sur l’équation parfois difficile à résoudre chez certains : l’achat du mouton. Dans les lieux habituels de vente de Ngaoundéré à l’exemple de la Place des fêtes, les bêtes sont presque absentes parce qu’elles continuent d’être en divagation dans les quartiers. Les bergers veulent que leurs moutons soient bien dodus à la vente afin que leurs différents prix ne souffrent d’aucun marchandage. A ce sujet, les clients les trouvent encore abordables. A partir de 50 000 F ou 60 000 F, un fidèle peut acquérir un mouton moyen. Seulement, ceux qui attendent toujours la dernière minute vont payer une addition bien salée. Les vendeurs approchés, rassurent sur le principe : plus le jour-J se rapproche, plus les prix grimpent. Surtout qu’avec la pandémie du Covid-19 qui sévit actuellement, les frontières sont fermées et l’importation à partir du Tchad reste difficile.

Dans la périphérie du chef-lieu de la région du Château d’eau du Cameroun, les prix sont encore plus bas. « J’ai négocié avec mon voisin en déplacement dans le département du Mbéré afin de voir s’il est possible de m’acheter un mouton sur place. Ceci parce qu’il y a effectué le voyage avec sa voiture et il a accepté. Je lui ai envoyé une somme de 45 000 F pour cette faveur. Il m’a assuré que, je ne serai pas déçu à son retour », a confié Hamza Mamoudou, chef de famille. Pour les plus avertis, le mouton fait partie de la famille depuis quelques semaines déjà et est engraissé par les soins du propriétaire et de la maisonnée. Avec la saison des pluies, il est plus facile de leur trouver de quoi manger. Cependant cette façon de faire a des inconvénients parce qu’elle nécessite une vigilance accrue pour que l’animal ne s’égare pas surtout lorsque la maison n’est pas dans un enclos. « Il y a de cela deux ans, j’ai acheté un mouton à un mois de la célébration. Je l’ai nourri et entretenu pour qu’il soit volé deux jours avant la fête. J’ai eu des regrets », a indiqué Awal. Tout en espérant que cette fois, la mauvaise expérience ne va pas se renouveler.



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