Cameroun: Santé du cerveau – L’urgence de l’attention


A l’occasion de la semaine consacrée à cet organe, des consultations neurologiques gratuites se multiplient dans les hôpitaux. Les patients se bousculent pour diverses pathologies.

La vie de Joseph Nguimathio a basculé le matin du 29 septembre 2019. Une main droite soudain lourde, puis un pied particulièrement pénible à déplacer, alors qu’il prenait un café avec son ami. Les symptômes ne l’alertent pas. Le lendemain matin, dimanche, il peine à bouger du côté droit. Conduit dans le centre de santé le plus proche, la tension se révèle élevée. Le côté droit paralysé, il est conduit à l’Hôpital central de Yaoundé. Le cerveau est touché. C’est un accident vasculaire cérébral (AVC). « Mon AVC était systémique. Donc les ravages n’étaient pas énormes », dit-il. Un an plus tard, le sexagénaire se déplace à l’aide d’une béquille, après avoir suivi une rééducation en kinésithérapie. Jeudi 23 juillet 2020, il faisait partie de la cinquantaine de patients venus pour une consultation au service de neurologie et médecine physique de l’Hôpital central de Yaoundé.

En effet, une semaine dédiée au cerveau est ouverte depuis le 22 juillet sur place par la Brain Research Initiative in Africa (Brain). L’organisation qui réunit plusieurs spécialistes souhaite sensibiliser la population sur les maladies du cerveau, ainsi que les comportements à adopter pour préserver la santé de cet organe central. Dans la salle d’attente des consultations, bon nombre des patients présents avaient des rendez-vous depuis un moment, mais ont été freinés par la pandémie de coronavirus. C’est le cas de Célestine Takoudjou. Ce jeudi, la dame n’attendra pas aussi longtemps que les autres. La soixantaine entamée, cette dame a commencé à fréquenter ce service spécialisé aussitôt qu’elle a perçu les signes d’un AVC. « J’ai senti une grosse fatigue et un côté de mon corps complètement faible. Après examen, j’ai appris que j’ai évité de justesse un AVC », raconte-t-elle. Dans cet espace, les pathologies sont variées, autant que les spécialistes sont disponibles.

« Les principales pathologies que nous avons sont les céphalées de tension, les douleurs lombaires, les pathologies vasculaires comme les AVC, ainsi que les pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, ainsi que les cas d’épilepsie », indique le Dr Léonard Ngarka, médecin neurologue et secrétaire général de Brain. Avec d’autres collègues, il s’entretient avec les patients venus s’enquérir de leur sort et prodigue des comportements à adopter. Parmi les facteurs de risque pour cet organe commande du corps humain, il y a l’alcool, le tabagisme, le manque de repos. « Pour avoir un cerveau en santé, il est fortement conseillé de faire beaucoup de sport, de dormir suffisamment, d’éviter de prendre trop d’alcool, de fumer ou de consommer trop salé », ajoute le spécialiste. Des conseils qui seront répétés durant cette semaine du cerveau à l’intention des populations invitées à se faire consulter gratuitement dans les hôpitaux de référence jusqu’à demain.



allafrica

A lire aussi

Laisser un commentaire