La crainte de contamination au Covid-19 et le manque de moyens limitent l’accès aux services de santé



Note du HCP : La crainte de contamination au Covid-19 et le manque de moyens limitent l'accès aux services de santé

La crainte de contamination à la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) et le manque de moyens limitent l’accès aux services de santé en période de confinement, selon le Haut-commissariat au plan. 
Le non accès aux services de santé est dû au manque de moyens, pour 34,2% dans le cas des maladies chroniques, 35,6% des maladies passagères et 26,2% des services de santé maternelle, indique le HCP dans une note sur les rapports sociaux dans le contexte de la pandémie de Covid-19 – 2ème panel de l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique des ménages.
S’agissant des services de santé reproductive, 36% évoquent la crainte d’être contaminé au virus comme raison de non accès à ces services. Cette crainte est à l’origine du renoncement à la vaccination des enfants de moins de 5 ans pour 50,1% des cas.
Ladite note fait également savoir que les contraintes d’accès aux services de santé apparaissent comme des difficultés non négligeables pour les soins de santé maternelle et la vaccination des enfants de moins de 5 ans, avec respectivement 26,6% et 24,2%.
Par ailleurs, le HCP souligne que parmi les 11,1% de personnes souffrant de maladies chroniques ayant nécessité un examen médical durant le confinement, 45,2% n’ont pas eu accès à ces services, les hommes (46,6%) plus que les femmes (44,4%), les ruraux (53,2%) plus que les citadins (41,4%), les plus pauvres (48%) plus que les plus aisés (37%) et les enfants âgés de 6 à 14 ans (64,2%) plus que ceux de moins de 5 ans (39,2%). D’après la même source, parmi les 10,1% de personnes souffrant de maladies passagères et ayant nécessité une consultation, 37% n’ont pas pu en bénéficier, 46% en milieu rural contre 33% en milieu urbain. Ils sont plus nombreux parmi les hommes (41%) que les femmes (35%), parmi les adultes de 25 à 55 ans (39%) que les enfants de moins de 5 ans (34%) et chez les 20% les plus défavorisés (47%) que les 20% les plus aisés (26%).
En outre, le HCP fait remarquer que parmi les 7% de femmes ayant besoin d’un suivi de grossesse ou de consultations prénatales et postnatales, 26,2% n’ont pu bénéficier de ces services, 22% en urbain et 33% en rural et 27% parmi les 20% les plus pauvres contre 22% chez les 20% les plus aisées.
Sur les 2,4% de personnes ayant besoin d’un suivi médical lié à la santé reproductive, 21% n’ont pu y accéder dont 98% sont des femmes, 27% en milieu rural contre 17% en milieu urbain et 17% parmi les 20% les plus aisés contre 23% parmi les 20% les plus défavorisés. Sur les 32% d’enfants de moins de 5 ans ayant nécessité, en période de confinement, un service de vaccination, 12% n’en ont pas bénéficié, 11% en urbain et 13% en rural et 17% chez les 20% les plus défavorisés contre 13% parmi les 20% les plus aisés.


​Pour 68,3% des scolarisés, les cours à distance ne couvrent pas le programme

56,2% des chefs de ménages sont pour le report ou l’annulation des examens

Une proportion de 68,3% des scolarisés qui suivaient les cours à distance pendant le confinement imposé par la crise du nouveau coronavirus (Covid-19) considère que ces cours ne couvrent pas totalement le programme pédagogique annuel, selon le HCP.
« Pour la moitié des élèves (50,1%), considérant que la formation à distance n’a pas permis de couvrir totalement le programme scolaire, aucune mesure n’a été envisagée pour remédier à cela. C’est le cas, en particulier, des ruraux avec 52,9% contre 48,8% des citadins, des garçons avec 52,2% contre 47,8% des filles et des étudiants du supérieur avec 59,6% contre 45,8% au primaire », souligne le HCP. 
La note fait également ressortir que plus du quart (27,9%) comptent sur le soutien des parents, des proches ou des voisins (39,7% au primaire et 40,4% au secteur privé), 13,2% sur les cours de soutien scolaire en mode présentiel une fois le confinement levé (16,2% parmi les élèves du secondaire) et 4,9% à distance (10,7% parmi les élèves du secondaire).
Quant aux principaux inconvénients des cours à distance, les scolarisés évoquent notamment les difficultés d’assimilation (46,8%), l’addiction aux outils électroniques avec 18,2% (22% parmi les citadins contre 9,8% parmi les ruraux et 29,8% dans le privé contre 16,4% dans le public) et le stress et troubles de concentration avec 16,1% (19,2% au primaire et 22,6% dans le secteur privé). En revanche, 27,2% des scolarisés considèrent que l’enseignement à distance ne présente, pour eux, aucun inconvénient.
Par ailleurs, plus de la moitié des chefs de ménages (56,2%) sont « tout à fait d’accord » avec la décision de reporter ou d’annuler les examens de leurs enfants, indique le HCP.
Cette proportion est plus importante chez les hommes (57,5%) que parmi les femmes (48,2%), et chez les ruraux (61%) que les citadins (54%), précise le HCP.
D’après la même source, un chef de ménage sur 5 (20%) est peu d’accord avec cette décision, 19,8% parmi les hommes et 21,4% chez les femmes, tandis que 14,8% ne sont pas du tout d’accord avec cette décision et 9% indécis.
Les principales raisons citées par les chefs de ménages, qui sont peu ou pas du tout d’accord, sont le relâchement et le désintéressement des enfants (46,4%), leur pénalisation en se basant uniquement sur les notes des contrôles continus (12%) et la surcharge attendue du programme de l’année prochaine (9,4%), relève le HCP.
En outre, la note fait ressortir que pendant le confinement, seulement 22,4% des ménages ont acquis un support technologique ou un service de connexion Internet, pour permettre à leurs enfants de suivre les cours à distance, ajoutant qu’un ménage sur 10 (9,7%) a acquis un smartphone (11,2% en urbain et 6,2% en rural), 2,8% ont acheté un ordinateur ou une tablette et 0,2% une imprimante.
De même, 15,9% des ménages se sont offert les services de connexion internet, 17,2% en urbain et 13% en rural, 20,8% parmi les chefs de ménages ayant le niveau d’enseignement supérieur et 13% parmi ceux n’ayant aucun niveau.
Dans cette note, le HCP met l’accent sur les principaux résultats des modules portant sur l’évolution des rapports sociaux et des perceptions de l’accès à l’enseignement à distance et aux soins médicaux, dans le contexte du confinement sanitaire instauré pour lutter contre le Covid-19.
Ces modules ont été abordés, parmi d’autres, lors du deuxième panel réalisé du 15 au 24 juin 2020 sur un échantillon représentatif de 2.169 ménages en vue d’appréhender l’évolution des comportements socioéconomiques et préventifs face à cette pandémie et d’évaluer ses répercussions sur les différentes couches de la population marocaine en termes d’accès aux produits de base, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et au revenu.

83,5% des enfants du préscolaire 
ne suivent pas les cours à distance 

 
Une proportion de 83,5% des enfants en préscolaire n’ont pas suivi les cours à distance (79,1% en milieu urbain et 94,6% en milieu rural) durant le confinement imposé par la crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), selon le Haut-commissariat au Plan. Les principales raisons citées par les chefs de ménages sont la méconnaissance de l’existence des canaux dédiés (43,7%), la difficulté à suivre les cours en raison du bas âge de l’enfant (22,1%), l’inutilité des cours (10,7%) et le manque ou l’insuffisance d’outils (5,5%), explique le HCP.
La note fait aussi savoir que près d’un enfant sur 6 (16,5%) a suivi les cours de l’enseignement préscolaire à distance (7,1% régulièrement et 9,4% irrégulièrement), 88% d’entre eux assistés par un membre du ménage, 32,9% à plein temps et 55,5% à temps partiel, ajoutant que cette assistance est assurée par les mères pour 73,9% des cas, les pères (16,7%) ou un autre membre du ménage (9,4%).


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