À quand l’exécution du programme d’assainissement qui devait durer 18 mois?


Lancée en août 2018, par l’ancien ministre de l’assainissement Mansour Faye, le programme d’assainissement de la cité religieuse de Tivaouane n’arrive toujours pas à voir le jour.

Priorité et urgence à la fois, le programme d’assainissement de Tivaouane ne couvre que 10 quartiers sur 72.

Un projet ambitieux de l’État du Sénégal qui devait durer seulement 18 mois, mais voilà que plus de 18 mois se sont déjà écoulés, et les tivaouanois continuent de se tourner les pouces, espérant sa réalisation, peut-être, à la veille d’une autre élection présidentielle.

Malgré les incessantes alertes à l’endroit des autorités en charge dudit projet et même du Président Macky Sall, rien ne bouge. Depuis 2016, la société civile avait lancé un plaidoyer afin que l’assainissement de la ville de Maodo soit réglée avant 2021, vu qu’à partir de cette date, le Maouloud  sera célébré en plein hivernage.

Selon Abdou Aziz Diop du Forum civil, « ce cycle peut durer 9 à 10 ans et Tivaouane accueille des millions de personnes durant le gamou. Beaucoup de pèlerins campent à l’air libre avec des tentes et des cuisines de fortune.

Pire, les sapeurs-pompiers qui disposent de motopompes fonctionnelles sont confrontés à un problème de déversoir des eaux pluviales et usées ».  Il ajoute : « le programme est financé à hauteur de 4.300.000.000 francs Cfa pour plus de 16 kms de conduite, 2 stations de pompage, une station d’épuration de 2.100m3/ jour , 1.553 branchements et 20.000 personnes ciblées. Les travaux ne devaient durer que 18 mois. il était prévu la construction de 50 latrines dans plusieurs écoles. 24 mois après le lancement des travaux, qu’en est-t-il de l’exécution », s’interroge-t-il, avant de signaler qu’un monitoring s’impose. 

En tant qu’acteur de la société civile, dira-t-il, nous avions alerté depuis 2016 que le Maouloud sera célébré à partir de 2021 en plein hivernage. À son avis : « l’assainissement est coûteux et souterrain mais l’impact est réel dans la vie des populations ».
Depuis que la pandémie à coronavirus s’est installée au Sénégal, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour n’a pas hésité à fermer les mosquées.

Aujourd’hui que l’état d’urgence et le couvre feu ont été levés, le Khalife des Tidianes ne compte pas prendre de risque. Il a tout bonnement maintenu le cap pour barrer la route à la covId-19. D’après Abdou Aziz Diop « dans ce contexte de pandémie avec les mesures préventives édictées par les autorités surtout en matière d’hygiène et de santé publique, ces eaux stagnantes dans lesquelles pataugent les enfants et surtout les talibés constituent un terreau fertile pour la propagation de la covid-19 et d’autres pathologies ». Hélas, la sainte ville de Tivaouane est, selon lui, laissée en rade.  » Il urge que l’État, en synergie avec les collectivités territoriales et les communautés religieuses fasse de l’assainissement global ( eaux pluviales et eaux usées), une priorité voire  une urgence pour venir en appoint aux communes qui abritent ces cités religieuses et qui n’ont pas les moyens de régler les problèmes d’assainissement de manière structurelle », a-t-il dénoncé. 



Dakaractu

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