Cameroun: « Beaucoup veulent rentrer »


Oumar Bichaïr, chef du Centre régional de DDR de l’Extrême-Nord.

Qu’est-ce qui peut justifier l’augmentation du nombre d’ex-combattants de Boko Haram ces derniers temps ?

Il y a la communication, la sensibilisation assurée par les chefs des communautés, les chefs traditionnels, les leaders d’opinions et les leaders religieux dans ces zones sinistrées. Le chiffre qui est passé de 100 à presque 200 aujourd’hui est le fruit de ce travail de communication et de sensibilisation ; il y a actuellement une soixantaine qui sont en exploitation au niveau de la Force multinationale mixte à Mora, c’est-à-dire ceux qui viennent de se rendre récemment et incessamment ils vont rejoindre le centre de transit de Méri pour bénéficier également du processus de leur réinsertion. La communication entre les repentis et ceux qui sont encore dans le « maquis » relève de la stratégie des forces de défense et de sécurité avec qui nous travaillons. Une fois que les ex-combattants se rendent, ils sont exploités au sens large. Ce qui apparaît dans leur exploitation, c’est que bon nombre veulent rentrer, ils attendent des occasions, des couloirs de reddition afin de rejoindre le camp.

Comment allez-vous assurer leur réinsertion ?

C’est cela qui est véritablement attendu. Il faut que ceux qui connaissaient un métier avant puissent bénéficier d’un renforcement des capacités et que ceux qui veulent apprendre un métier le fassent. Tous ces couloirs ont été répertoriés afin qu’ils bénéficient de cette formation et au bout du compte, le gouvernement, à travers le Comité national de Désarmement, de Démobilisation, et de Réintégration va mettre à leur disposition des moyens qui vont leur permettre de s’installer à leur propre compte afin d’éviter de retomber encore dans ce qu’ils ont eu à faire par le passé, à savoir, rejoindre les groupes armés. C’est ce travail que nous nous attelons à faire au quotidien pour préparer la bonne réinsertion de ces ex-combattants.

A quand leur intégration du camp de Mémé dont on a annoncé la construction ?

Ils étaient provisoirement à la Force multinationale mixte pendant que le gouvernement de la République était en train de réhabiliter le Centre de Méri qui avait été affecté au Centre régional du CDDR. Il y a deux mois qu’ils ont rejoint le Centre ; cette structure a été équipée et on est en train de se préparer à la réinsertion. Le souci c’est de ne pas retenir longtemps ces enfants. Il faut les dé-radicaliser. Leur apprendre des métiers ou alors renforcer les capacités dans ce qu’ils connaissaient déjà, les insérer dans les communautés pour qu’ils contribuent à l’édification de la Nation. Le site de Mémé, d’une superficie de près de 14 hectares, a été mis à la disposition du gouvernement de la République par le lamido.

La levée topographique et le plan ont déjà été faits. Cette structure sera construite par le gouvernement avec les partenaires au développement, les humanitaires notamment dans le cadre de l’article 9 du décret qui crée le CNDDR. L’Etat est en train de chercher des financements pour construire le Centre de Mémé en bonne et due forme pour pouvoir accueillir les ex-combattants des Boko Haram. Nous ne ménagerons aucun effort pour donner une suite à l’offre de paix que le président Paul Biya a bien voulu porter à l’attention de ces jeunes frères et sœurs qui se ont trompé en allant rejoindre le groupe djihadiste Boko Haram.



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