Ces Japonais qui rêvent de fuir Tokyo et les grandes villes



Portés par les plaisirs insoupçonnés du télétravail, certains citadins aspirent à une vie moins trépidante, moins onéreuse, que celle qu’ils connaissent dans les mégapoles de l’archipel. Le grand quotidien japonais Mainichi Shimbun est allé à leur rencontre.

Depuis l’épidémie de Covid-19, l’idée de quitter la ville pour s’installer en zone rurale séduit de plus en plus de Japonais. Le télétravail et l’enseignement à distance ayant réduit la nécessité de vivre en ville, beaucoup de citadins envisagent plus sereinement cette option, tandis que le gouvernement et les collectivités locales appellent de leurs vœux une revitalisation des régions. Ces signes de changement vont-ils remettre en question la tendance à l’hyper-concentration de Tokyo ? Nous sommes allés enquêter sur le terrain.

Un jour de semaine du début du mois de juin, les doux rayons du soleil de l’après-midi s’attardent sur une maison traditionnelle d’Odawara [ville située à 80 kilomètres au sud de la capitale]. La mer est à trois minutes à pied. Pendant ses pauses, Shuichi Nagao, 26 ans, descend sur la plage et contemple la baie de Sagami, un rituel auquel il n’avait pas droit auparavant. “Je n’avais pas le temps de respirer comme ça”, dit-il en souriant.

Shuichi travaille au département des ressources humaines d’une grande société informatique de Tokyo. Quand le Covid-19 a commencé à se propager, on lui a demandé de faire du télétravail et, à partir du mois de mars, il est resté confiné des journées entières dans son studio d’Ebisu, un quartier du centre de la capitale. Tandis que les magasins fermaient les uns après les autres, il a commencé à se dire qu’il n’y avait plus “aucun sens à payer un loyer élevé pour vivre à Tokyo”.

En mai, il a résilié son bail. Son entreprise ayant maintenu la règle du télétravail après la levée de l’état d’urgence, il n’a toujours pas l’obligation de se rendre au bureau. Il vit actuellement dans la région de Tokyo, où il change de lieu de résidence une à deux fois par semaine en recourant aux services d’ADDress, une start-up qui, moyennant une somme forfaitaire, permet à ses membres d’accéder à un réseau national de chambres gérées par ses soins. Il explique :

Cela m’a permis de rencontrer des gens que je n’aurais jamais pu croiser à Tokyo. Depuis que j’ai découvert ce mode d’existence, ma vision de la vie a changé.”

Depuis le début de l’épidémie, un nombre croissant de citadins envisagent de changer de vie en s’installant à la campagne. Shoki Hosokawa, 27 ans, directeur commercial chez Lancers, une société informatique située à Tokyo, souhaite retourner dans sa région natale de Sendai [dans le nord-est du pays]. Ayant perdu des proches ces dernières années, il lui est devenu difficile mentalement de vivre loin des siens.

Recréer des liens dans sa région natale

À la mi-février, lorsqu’il a commencé à faire du télétravail, il s’est rendu compte qu’avec les appels vidéo et les textos, il pouvait vivre n’importe où sans que les ventes de l’entreprise ne s’en ressentent. Avec la généralisation du télétravail, seuls 10 % des employés de l’entreprise continuent à se rendre au bureau. Lancers a même

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Fondé en 1872 sous le nom de Tokyo Nichi Nichi Shimbun, le Mainichi Shimbun est le plus ancien quotidien japonais. Il a pris la dénomination actuelle en 1943 lors d’une fusion avec l’Osaka Mainichi Shimbun. Centriste, le “Journal de tous

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