Une centrale nucléaire en Biélorussie, “un monstre aux portes de la Lituanie”



À deux jours de l’élection présidentielle, la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko a chargé en combustible sa première centrale nucléaire, à Ostrovets, à 40 kilomètres de la capitale lituanienne. Là-bas, “les municipalités les plus proches ont déjà distribué des cachets d’iode aux habitants”.

“Un monstre atomique aux portes de la Lituanie.” Le média en ligne 15min.lt résume ainsi les inquiétudes des Lituaniens envers la centrale nucléaire biélorusse dont la construction a franchi un pas décisif vendredi 7 août. Une loi récemment adoptée par le Parlement indique que le site constitue “une menace pour la sécurité nationale, l’environnement et la santé publique”.

Les sources d’inquiétude sont multiples : l’emplacement de la centrale, sur une zone sismique du nord-ouest du pays, l’utilisation des eaux de la Néris (la rivière qui traverse Vilnius en aval) pour le refroidissement des réacteurs et l’opacité qui a entouré la construction. “Un accident a eu lieu en mai 2016, une structure portante s’est effondrée, souligne 15min.lt. Un ouvrier a même été tué.”

Pourtant pendant longtemps, les autorités lituaniennes n’ont pas cru à la réalité du projet, entièrement financé par Rosatom, l’entreprise publique russe pour l’énergie atomique. En 2010, “le Premier ministre indiquait que les projets de construction restaient vagues”, rappelle 15min.lt. Il y a tout juste un an, le chef du gouvernement proposait encore à la Biélorussie “de transformer la centrale nucléaire en centrale au gaz”. Une option rejetée par Minsk.

Vilnius a lancé plusieurs offensives diplomatiques pour rallier ses voisins à sa cause et freiner l’exportation d’électricité biélorusse vers le reste de l’Europe. Seule la Pologne a répondu à l’appel. Aujourd’hui, comme le souligne le quotidien économique Verslo Zinios, Vilnius attend une réaction de la part de l’Union européenne. Cité par le quotidien économique, le ministre de l’Énergie attend “une position déterminée de la Commission européenne pour la mise en œuvre des recommandations de sûreté nucléaire”. Le 7 février 2019, les parties de la convention d’Espoo des Nations unies sur l’environnement avaient déclaré que la centrale nucléaire ne correspondait pas aux critères de sécurité en vigueur.

Si le média en ligne Delfi estime qu’“un processus irréversible est engagé”, le chemin jusqu’à l’exploitation commerciale de la centrale “sera encore long”. Le ministère de l’Intérieur demande tout de même aux habitants de s’informer sur le comportement à adopter en cas d’incident. À l’automne dernier, un grand exercice de protection civile avait été organisé.

Aujourd’hui, “les municipalités les plus proches ont déjà distribué des cachets d’iode aux habitants”, indique LRT. lt, le site Internet de la télévision publique lituanienne.

Marielle Vitureau





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