Faute d’accord au Congrès, Donald Trump signe un nouveau plan d’aide par décrets | Africa Guinee


Les quatre documents prévoient, notamment, des coupes dans les cotisations salariales et une allocation-chômage prolongée de 400 dollars par semaine.

Le Congrès n’arrive pas à s’accorder sur un nouveau plan de relance de l’économie américaine… Le président, Donald Trump, a donc trouvé sa solution. Il a ainsi dévoilé, samedi 8 août, un nouveau plan d’aide par décret pour venir en aide aux millions d’Américains menacés d’expulsion et frappés par le chômage à cause de la crise liée à la pandémie.

« Ça suffit, nous allons sauver les emplois américains et venir en aide aux travailleurs américains », a déclaré le milliardaire.

M. Trump a affirmé que sa décision de contourner le Congrès en signant des ordonnances permettra aux fonds d’être « rapidement distribués ». En réalité, ces annonces seront vraisemblablement contestées en justice, puisque c’est au Congrès que la Constitution américaine confie la plupart des décisions budgétaires du pays.

Son adversaire, le candidat démocrate Joe Biden, a qualifié ce plan de « série de demi-mesures ». « Encore une cynique tentative d’esquiver les responsabilités », a-t-il critiqué, estimant que le pays avait besoin d’un « vrai leader », capable de négocier un accord avec le Congrès.

Quatre décrets signés

Lors d’une conférence de presse à son golf de Bedminster, dans le New Jersey, le président américain a signé quatre décrets. Le premier document prévoit un gel des cotisations salariales pour les Américains dont les salaires ne dépassent pas 100 000 dollars (84 825 euros) par an. « Si je suis vainqueur le 3 novembre, j’ai l’intention d’annuler ces charges », a promis M. Trump, qui est à la traîne dans les sondages.

Un deuxième décret ordonne aux ministères du logement et de la santé et aux CDC (centres de lutte contre les maladies) de « s’assurer que les locataires et les propriétaires puissent rester chez eux », a-t-il dit.

Le troisième document prolonge jusqu’à la fin de l’année l’aide fédérale accordée aux chômeurs, en plus de celles allouées par les Etats. Ces mesures sont arrivées à terme fin juillet et si la prolongation de cette aide, qui a empêché des millions de foyers de tomber dans la pauvreté, ne faisait pas débat au Congrès, son montant était l’un des grands points de désaccord : les républicains proposaient de l’abaisser à 200 dollars (169 euros) et les démocrates voulaient conserver 600 dollars (509 euros). M. Trump a tranché et décidé que l’aide irait jusqu’à 400 dollars (339 euros) par semaine.

Un quatrième décret suspend le remboursement des emprunts étudiants jusqu’à la fin de l’année et abaisse leurs taux d’intérêt à 0 %.

Des négociations qui s’éternisaient

Alors que les Etats-Unis sont en voie de franchir la barre des 5 millions de cas de Covid-19, avec plus de 160 000 morts, la Maison Blanche et les démocrates du Congrès étaient engagés depuis deux semaines dans des négociations pour parvenir à un nouveau gigantesque plan de soutien à l’économie. Mais à moins de trois mois de l’élection présidentielle, ces discussions n’ont, jusqu’ici, rien donné.

Déjà tendues, ces négociations sont d’autant plus ardues que les républicains, majoritaires au Sénat, sont eux-mêmes divisés.

Le Congrès avait approuvé en mars un plan titanesque de 2 200 milliards de dollars (1 866 milliards d’euros) pour relancer l’économie, qui incluait notamment une allocation-chômage fédérale de 600 dollars par semaine, en plus de celles allouées par les Etats, et un moratoire pour empêcher les expulsions. Ces mesures sont arrivées à terme fin juillet.

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Les parlementaires républicains ont présenté, fin juillet, une enveloppe de 1 000 milliards de dollars (848 milliards d’euros), tandis que les démocrates avaient adopté dès mai, à la Chambre, leur propre projet de loi, qui s’élève à 3 000 milliards de dollars (2 544 milliards d’euros). Parmi les grands points de désaccords figurent l’allocation-chômage et son éventuel montant.

AFP



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