Une carrière de gymnaste, combien de souffrances ?



Dans le sillage des Pays-Bas, qui ont récemment levé le voile sur les humiliations et les brimades systémiques que subissent les jeunes championnes, ce magazine flamand explore le sujet en Belgique.

“Il y a peu de sports où les petites filles en bavent autant que dans la gymnastique”, constate De Standaard Weekblad.

L’hebdomadaire du quotidien belge De Standaard consacre sa couverture aux souffrances des jeunes gymnastes belges – dans le sillage des révélations qui ont secoué les Pays-Bas dernièrement, et plus généralement des scandales de violences, sexuelles ou non, qui ont éclaté ces dernières années, notamment en France ou aux États-Unis. Le magazine titre : “Douze ans, gymnaste, et brisée”.

“Depuis que l’entraîneur néerlandais Gerrit Beltman a reconnu avoir humilié et maltraité des gymnastes afin de décrocher des médailles”, les témoignages se succèdent et révèlent l’ampleur du problème, note le magazine. Ce sont généralement les anciennes gymnastes qui témoignent, celles qui n’ont plus à craindre pour leur carrière.

“Ces jeunes femmes parlent d’insultes, de brimades, d’intimidations, de blessures niées [par leurs entraîneurs] et de la dictature de la balance. Elles expliquent qu’elles en souffrent toujours aujourd’hui”, écrit De Standaard Weekblad. La fédération flamande réfute ; “la championne Nina Derwael défend ses coachs. Quant aux autres gymnastes de la génération actuelle, elles se taisent.”

Les enfants ne choisissent pas

Pour le psychologue du sport Rudy Heylen, c’est avant tout une question de système, le résultat d’une “culture qui rend ces comportements possibles”. Il pointe notamment du doigt la grande influence qu’a eue la Russie avec sa culture sportive très sévère. “Ce pays a toujours fourni de nombreuses championnes de gymnastique, mais à quel prix ?” 

Rudy Heylen identifie un deuxième problème : “La conviction que les talents doivent être détectés le plus tôt possible.”

Cela donne lieu à une structure, allant des clubs jusqu’aux écoles pour sportifs de haut niveau, qui fait que les enfants talentueux ne choisissent pas : ils sont choisis. Résultat, l’enfant abandonne son identité. À la place, une identité de sportif lui est attribuée par des entraîneurs qui cherchent à répliquer les prouesses d’autres pays.”

Source

Lancé en 1918, le journal de référence de l’establishment flamand a pris progressivement ses distances vis-à-vis du monde catholique ainsi que du mouvement flamand – et, plus particulièrement, du Parti social-chrétien flamand, au pouvoir en

[…]

Lire la suite





A lire aussi

Laisser un commentaire