Burkina : L’URD apprécie le bilan de Roch Kaboré et dévoile son ambition pour les législatives de 2020


L’Union pour la république et la démocratie (URD), portée sur les fonts baptismaux en 2018, va à la conquête de députés à travers 26 circonscriptions électorales. C’est ce qu’ont indiqué les responsables du parti, ce vendredi 2 octobre 2020 à Ouagadougou, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle ils ont également dressé leur bilan du quinquennat du Président Roch Kaboré.

« Née dans un contexte post-insurrectionnel de revendications fortes du peuple pour un renouveau démocratique, l’URD est un parti à orientation social-démocrate, qui ambitionne de créer une société de liberté, de justice sociale, de paix, de progrès et de cohésion sociale véritable, ouvert sur le monde, et ayant pour fondement le travail. Au terme de deux années d’observation et de participation à l’animation de la vie politique nationale, il est de son devoir de se prononcer clairement sur l’état des lieux de notre nation et sur la vision du parti pour un Burkina de demain où il fera bon vivre pour les larges masses populaires », ont campé les responsables du parti, animateurs de la conférence.

Occasion donc pour eux de porter une analyse sur la situation nationale, notamment la gouvernance Roch Kaboré. « Grosso modo, les résultats obtenus au terme du quinquennat sont encourageants certes, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, au regard des nombreux défis à relever », a tiré le président de l’URD, Elisée Kiemdé, député et transfuge de l’UPC.

Des défis, les conférenciers notent la sécurité, la restauration de l’autorité de l’Etat, la cohésion nationale, le règlement judiciaire des emblématiques dossiers de crimes économiques et de sang ainsi que la bonne gouvernance administrative, économique et sociale.

Elisée Kiemdé, président de l’URD

Si l’URD plaide, après analyse de la situation, en faveur de Roch Kaboré pour la présidentielle du 22 novembre 2020, elle part aux législatives sous sa propre bannière à travers 26 circonscriptions (25 provinces plus la liste nationale, voir listes jointes au bas de page). Pour le président du parti, l’ambition, c’est d’avoir entre dix et quatorze députés (un groupe parlementaire).

« Nous partons pour des législatives et notre vœu le plus cher, c’est d’avoir des députés et, par la suite, des conseillers municipaux. En 2025, s’il plaît à Dieu, l’URD désignera un candidat (à la présidentielle, ndlr) », réagit M. Kiemdé à une question sur la décision du parti à soutenir un autre candidat à la présidentielle.

De l’actualité autour du dépôt des dossiers à la présidentielle !

« La réalité est-là ; il y a des gens qui n’ont même pas de parrainage, mais vont faire semblant de déposer leur candidature. C’est ridicule et inutile. Quand vous voulez déposez un dossier, il faut être sûr qu’il sera validé », estime Elisée Kiemdé, pour qui la conquête du pouvoir s’organise. « Si vous ne pouvez pas avoir un seul député, vous ne pouvez pas avoir 50 conseillers municipaux, et vous voulez diriger toute la République, je pense que c’est compliquer. Donc, pour moi, le parrainage est tout à fait normal », justifie-t-il, ajoutant que la démocratie a un coût qu’il faut accepter endosser.

« Il ne faut pas créer un parti pour amuser la galerie, il faut avoir une représentativité, qui s’obtient sur la base d’élus. Pour moi, la politique, ce n’est pas de l’aventure ; la politique, c’est une vision. Vous ne pouvez pas avoir été conseiller municipal, vous n’avez pas pu diriger une mairie et c’est vous qui voulez être président du Faso. On ne peut pas sortir ex-nihilo et dire qu’on a une ambition à diriger la présidence du Faso. Il faut faire ses preuves ; et les preuves, c’est sur le terrain », relève-t-il, répondant ainsi indirectement à ceux qui jugent discriminatoire le parrainage.

De droite vers la gauche : Mariam Kadio (responsable des femmes), Elisée Kiemdé, Adama Sanou (2ème vice-président), Joachim Médah (3ème vice-président) et Boukaré Ouédraogo (responsable à l’organisation et chargé de la mise en place des structures).

« Nous savons comment les choses se passent au Burkina ; les gens sont d’abord syndicalistes, après ils quittent et créent des OSC (organisations de la société civile) et après, ils créent des partis politiques. C’est leur voie et leur choix. Nous, nous avons choisi d’être des politiques à la base, d’être élus conseillers municipaux. Ensuite, on était à l’Assemblée nationale. (…). Si vous n’avez pas pu diriger un secteur, un village, une commune, vous ne pouvez pas diriger le Burkina Faso. Un enfant ne naît pas et se met à courir ; il fait quatre pattes, apprend à marcher pour, après, pouvoir courir », s’attarde M. Kiemdé.

Pour le deuxième vice-président du parti, Adama Sanou, toute personne a le droit d’entrer dans la vie politique nationale, mais en tenant compte des conditions éditées. « Nous avons tous la liberté d’aller et venir. Mais si chacun dit que parce qu’il a le droit d’aller et venir, quand un feu est rouge, il ne s’arrête pas, ça enfreint à la liberté d’aller et venir. Si tout le monde veut passer au même moment, finalement il n’y aura plus de passage et cette liberté-là va finir par disparaître d’elle-même, parce qu’on va assister à la pagaille. Pour que les libertés que nous avons ne disparaissent pas, il faut qu’on tienne compte des dispositions qui les réglementent », soutient l’ancien directeur général des impôts, Adama Sanou.


Lire aussi : Union pour la République et la Démocratie (URD) : Liste des candidats aux législatives de novembre 2020


O.L.O

Lefaso.net





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