À Touba, le respect des mesures sanitaires à l’épreuve du Grand Magal.


L’édition 2020 du Magal est un peu particulière, à cause de la pandémie du Covid-19. Un casse-tête pour les membres du Dahira Safinatoul Amane, qui ont dû repenser tous leurs dispositifs d’organisation, pour accompagner les pèlerins dans des circonstances inhabituelles.

Une fois encore, ils sont venus de tout le pays, pour célébrer l’édition  2020 de Grand Magal. Malgré les circonstances inhabituelles, Tou­ba continue à recevoir ses fidèles, au moment où le respect des gestes barrières est peu suivi d’effets.

L’on déplore que les mesures sanitaires édictées par Serigne Mountakha Mbacké, petit-fils et huitième khalife général des mourides, soient progressivement «passées au second plan». L’on constate une baisse de la vigilance chez certains croyants.

Le relâchement se fait sentir ici et là dans les alentours de la grande mosquée, la deuxième plus grande en Afrique, après celle d’al-Azhar au Caire. Dans les ruelles sablonneuses, les hommes, femmes et enfants ont pris d’assaut les charrettes, principaux moyens de transport, pour parcourir les kilomètres qui séparent Darou Marnane, Darou Khoudoss, Madiyana, Khayra, …

Le déplacement à Touba est toujours un cauchemar. De milliers de croyants sont à nouveau prisonniers d’embouteillages monstres. Les carrioles à cheval collées les uns aux autres bloquent les ruelles sablonneuses. Les piétons sur les bas-côtés tentent de se faufiler.

Le désordre est tel que l’on pourrait croire qu’il est « impossible de respecter la distanciation sociale ». Certains ont décidé de ne pas porter un masque. Les milliers de policiers du service d’ordre interviennent rarement.

Traditionnellement, les fidèles venus de divers horizons, sont hébergés par les habitants, mais avec le peu de chambres disponibles, impossible de faire face à un afflux toujours grandissant. Les talibés de Bamba sont hébergés et nourris pendant trois jours, dans une promiscuité qui plait bien au coronavirus.

Devant les maisons, des moutons, bœufs et chameaux attendent d’être égorgés. Les animaux sont attachés en prévision du Magal, comme l’a demandé Serigne Touba, envoyé en exil au Gabon en 1895, avant de revenir sept ans plus tard au Sénégal. Certaines familles en vue hébergent jusqu’à cent proches.

Même ceux qui sont venus sans point de chute auront toujours de quoi manger et boire. Des hommes et femmes portant des plats de riz sur la tête les déposent ici et là dans d’immenses cours-cuisines. Des images cent fois vues dans la journée aux alentours de la grande mosquée, où le soleil cogne.

Pour s’abriter des rayons brûlants, chacun cherche l’ombre des mausolées des descendants de Cheikhoul Khadim. Des fidèles font la queue et attendent patiemment d’y pénétrer et de se recueillir. Femmes et enfants sont groupés autour du lieu de culte, qui ne désemplit pas.



Dakaractu

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