Boissons alcoolisées au Burkina : Enfin un cahier de charges pour réguler l’importation et la vente


Dans le but d’assainir le secteur des boissons alcoolisées, le ministère en charge du Commerce et des associations de producteurs, importateurs et vendeurs de boissons, ont élaboré un cahier de charges. Le projet a été validé à l’issue d’un atelier tenu ce mardi 6 octobre 2020 à Ouagadougou.

« Le Burkina Faso, à l’instar des pays de la sous-région, connaît un fort taux de mortalité de sa population jeune liée à la consommation des boissons frelatées à fort taux d’alcool très souvent de mauvaise qualité », a affirmé le ministre du Commerce, Harouna Kaboré. Ainsi, en 2019, son département a pris une série de mesures pour réguler les activités du secteur des boissons alcoolisées au Burkina Faso. Il s’agit d’un communiqué et d’un arrêté sur l’interdiction de la production, de la commercialisation, de la distribution et de la détention des liqueurs en sachets plastiques et en bouteille de moins de 30 centilitres.

Les représentants des producteurs, importateurs et vendeurs des boissons présents à l’atelier.

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L’inexistence d’un cahier de charges comme base juridique de référence a rendu la tâche difficile pour le contrôle des activités de production, d’importation et de commercialisation de certaines boissons alcoolisées. C’est pour cette raison qu’un groupe de travail a été mis en place pour élaborer un cahier de charges pour encadrer le secteur.

Selon le ministre Harouna Kaboré, le document va permettre aux acteurs de ce secteur de bien exercer leur travail et il permettra à l’administration d’avoir un cadre légal de mise en œuvre de sa politique de régulation. Car, « ceux qui exercent les activités légalement sont aussi les victimes de ceux qui exercent illégalement », a-t-il déclaré.

Selon le ministre du Commerce, ce cahier de charges servira de référentiel pour réguler le secteur.

79 articles à respecter

Le ministère du Commerce et des associations de producteurs, importateurs et vendeurs des boissons ont adopté le cahier de charges. Puisque c’est un document à caractère juridique, ce cahier de charges contient 79 articles. Il concerne quatre ministères : Commerce, Santé, Enseignement supérieur et Finances.

Ce cahier de charges va au-delà des interdictions, a signifié le ministre du Commerce. Les mesures édictées vont contraindre les producteurs, les importateurs et les vendeurs des boissons à respecter les normes en la matière.

Pour le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Dasmané Traoré, ce nouveau cahier de charges constitue une épine de moins à leur pied. « Le document interdit dorénavant la vente de bière au-delà de 12% d’alcool. C’est déjà un grand pas ! » a-t-il affirmé.

Pour le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Dasmané Traoré, ce sont eux les plus heureux.

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Quant à Joël Nabié, au nom de l’Association Zemstaaba des producteurs, importateurs et vendeurs des boissons alcoolisées, il a rappelé le contexte dans lequel les travaux se sont déroulés. Ce « nouveau-né » est le résultat d’une concession des différentes parties associées pour la cause. Mais par son témoignage, l’on se rend compte que le début n’a pas été aisé. « Au départ, nous avons pensé à un plan machiavélique de la part de notre ministère de tutelle, de vouloir nuire expressément à notre secteur », a laissé entendre Joël Nabié.

Cryspin Masneang Laoundiki

Lefaso.net





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