Afrique: Prix Nobel de la paix – La satisfaction des travailleurs du PAM en Afrique


Dans les pays d’Afrique où l’organisation est impliquée, l’annonce du prix a été accueillie par les travailleurs du Programme alimentaire mondial dans la joie. Le prix Nobel de la paix souligne notamment le lien entre sécurité et éradication de la faim dans le monde.

Les travailleurs du Programme alimentaire mondial (PAM) au Burkina Faso étaient tous en joie, décrit notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani. L’annonce du prix en a surpris plus d’un. David Beasley, directeur exécutif du PAM, qui était de passage à Ouagadougou, explique que pour lui ce prix représente un appel à l’action :

« C’est vraiment une surprise fantastique. Dans ce temps du monde où on a besoin de bonne nouvelle, ça s’en est vraiment une ! C’est un accomplissement et c’est une reconnaissance de tout le travail très dur qui est fait par tous les hommes et les femmes du Programme alimentaire mondial. Le prix Nobel de la paix doit être clairement compris. Parce que nous sommes à une croisée de chemin : les gens souffrent. C’est donc plutôt un appel à l’action. »

Mawa Soro, responsable du sous-bureau du PAM à Maradi, dans le sud du Niger, rejoint le directeur exécutif de l’organisation sur ce point. Pour elle aussi, ce prix est une incitation à faire encore mieux : « C’est une reconnaissance qui nous lance le défi de mieux faire ce que nous sommes en train de faire. » Le Programme dans sa région vient en aide à 250 000 personnes de deux manières différentes. Il y a d’abord une réponse humanitaire d’urgence pour les déplacés et réfugiés. Et il y a ensuite un travail de fond sur la résilience communautaire avec des écoles et des programmes santé, nutrition et de l’aide à la production agricole.

Mawa Soro, responsable du PAM à Maradi au Niger

François Mazet

Des besoins financiers toujours importants

Au Burkina Faso, ce sont trois millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire. Le PAM a pu apporter de l’aide à plus de la moitié de ses personnes, avec l’appui de ses partenaires. Mais les besoins restent encore énormes selon Esther Ouoba, la responsable de la communication du bureau de Ouagadougou : « Pour les six prochains mois, les ressources dont a besoin le PAM s’élèvent à plus de 90 millions de dollars pour pouvoir donner une assistance à toutes ces personnes qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire. »

Désiré Kakoba, assistant programme au PAM en charge des distributions de vivres au sous-bureau de Bunia, en RDC, espère aussi que cela poussera les donateurs à se mobiliser. Dans une zone comme l’Ituri, même le PAM atteint ses limites dans l’aide aux populations vulnérables : « Si je fais une moyenne, [le nombre de personnes] atteindrait 240 000 personnes par mois, estime-t-il. Nous ne prétendons pas pouvoir apporter une réponse complète aux besoins de la population touchée. Par moment, nous sommes aussi limités par nos ressources. »

Stanislas Siambouba est responsable de la distribution pour le PAM à Obo, dans l’Est de la Centrafrique, localité proche des frontières avec la RDC et le Soudan du sud, une des régions les plus enclavées du pays, où il vient en aide à quelque 20 000 personnes. Il espère que ce prix permettra de faciliter le travail des équipes sur le terrain. « Il y a des zones où PAM veut accéder mais c’est impossible. Nous plaidons donc pour que des couloirs humanitaires soient ouverts pour que PAM puisse atteindre son objectif ».

Stanislas Siambouba travailleur du PAM à Obo en Centrafrique



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