Cameroun: Boîtes postales – Un service en quête d’attractivité


Si les Camerounais sont moins enclins à y recourir, le gestionnaire de cette prestation envisage plusieurs actions pour le rapprocher davantage des usagers.

« Plus que du courrier ». C’est sur ce thème que se célèbre ce 09 octobre la journée mondiale de la poste. Sous d’autres cieux, elle fait partie des services vers lesquels on se tourne au réveil pour prendre connaissance de son courrier. Mais au Cameroun, il fait encore partie de ces services dont on ne se souvient que lorsqu’une urgence s’impose. Laure Kenfack en a fait l’expérience il y a quelques jours. Lorsqu’au moment de déposer un dossier pour un concours administratif, on lui exige de remplir la case Boîte postale (BP).

Evidemment cette trentenaire n’en a pas et finira par mettre celle de l’entreprise qui emploie sa sœur, espérant surtout que ce ne soit qu’une formalité et que son courrier n’y atterrira pas. C’est bien cela que représente la boîte postale pour bon nombre de Camerounais. Une formalité. Et pourtant : la boîte postale est ce service dont le monopole au Cameroun est assuré par la Cameroon Postal Services (Campost) depuis des décennies et qui est en fait un casier à lettres installé dans un bureau de poste où est déposé le courrier des abonnés. D’après Francis Djanze Mamelem, chef de pôle de la production courrier et colis à la Campost, le parc national est actuellement constitué de plus de 82 000 boîtes postales installées sur un ensemble de 226 bureaux de postes. Mais seulement 60% sont occupées.

Et pourtant, la BP reste utile. « Avec le développement de la technologie, les gens ont tendance à penser que la boîte postale qui est un moyen de distribuer physiquement les objets n’est plus utile. Mais, c’est oublier que lorsque vous avez fini d’échanger sur le téléphone, par mail et autre, il faut aller livrer les objets. Lorsque vous avez un document physique à transmettre, il vous faut une boîte postale. L’utilité de ce service demeure dans ce sens que, c’est le moyen de distribuer les correspondances physiques mais aussi parce que c’est parfois une exigence administrative », explique Francis Djanze Mamelem. Malgré les avantages de ce service, il reste assez sous exploité.

« Quand bien même on est convaincu de l’utilité de la BP, comment on fait pour en avoir ? Aucune communication autour pour intéresser le client. On a l’impression que le gestionnaire de ces boîtes ne fait rien », affirme Edouard Belinga, chercheur d’emploi. « La stratégie de Campost en ce moment c’est d’accroître le taux d’occupation de ses BP actuellement installées, avant d’étendre le parc. Pour ce faire, nous faisons généralement des promotions à l’année. Nous faisons aussi de la maintenance pour rendre les boîtes attractives. On essaie aussi de moderniser la gestion des boîtes. On a mis en place un système informatisé de gestion des BP », énumère M. Djanze. Par ailleurs, l’entreprise travaille à la mise en place d’un système d’alerte sms.

Pour y arriver, il faudra sans doute commencer par lever les contraintes qui plombent le fonctionnement de ce service, notamment y investir plus de moyens. « Il y a un certain nombre de manquements que nous présentons nous-mêmes. Il faudrait véritablement qu’on redynamise la BP et que plus tard, ce soit aussi une question d’achalandage. Nous avons une BP qui coûte vraiment moins cher. Quand on regarde les grandes sociétés qui peuvent facilement nous apporter de l’argent, 30 000 F par an, c’est vraiment peu. Il faut aussi utiliser les réseaux sociaux ou la publicité. Qu’on présente la boîte postale pour qu’elle soit vraiment attractive. En réalité, nous manquons de moyens », affirme Guy Bertin Ndjomo Tamba, receveur principal de la Poste centrale qui gère 9747 BP.



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