Adibang Daouda, protocole et confident des 20 derniers gouverneurs


PORTRAIT – Pétri de rigueur dans le travail et la discrétion, Adibang Daouda est le chef du protocole des 20 derniers gouverneurs qui se sont succédé au Mayo-Kebbi Est. Un travail qui le met au coeur des secrets des chefs.

Un cortège militaire fait son entrée au gouvernorat de Bongor, au milieu, notre homme, Banana bon teint, imposant et charismatique, on ne peut le rater. “Vous ne ne pourrez pas le rencontrer, il prépare la sortie du gouverneur“, fait comprendre le gardien du local. En effet, l’homme est trop chargé, il a fallu attendre la nuit tombée pour le rencontrer.

Lui, c’est Adibang Daouda, la soixantaine bien entamée. Il a passé la plus grande partie de sa vie au service des gouverneurs qui se sont succédé à la tête de la province du Mayo-Kebbi Est. Il travaille dans l’administration publique depuis les années 80. Comme il est d’usage, tout ce qui concerne le gouverneur passe par le fils du pays, Adibang. Les rencontres officielles, les visites, audiences et autres sont gérés discrètement par cet homme qui connaît presque tout et tout le monde. “C’est un travail très risqué qui nécessite une grande discrétion. Mais qui t’ouvre à plusieurs personnes“, explique Adibang, air serein.

C’est depuis 1988 qu’il a été affecté en qualité d’agent contractuel au sein de la préfecture de Bongor. Deux ans plus tard, c’est aux côtés du préfet Kanika qu’il a fait ses premiers pas. Cela, après l’obtention de son brevet d’étude du premier cycle (BEPC) à l’école d’Ardep-djoumbal en 1975, à Fort Lamy, actuel N’Djamena.

Aujourd’hui, c’est loin de ses collègues; agents contractuels qui l’ont vu grandir, qu’évolue Adibang. Ce père de famille de 6 enfants a consacré tout son temps pour accompagner, orienter et gérer l’agenda des gouverneurs malgré les hauts et bas. Il a vu passer du monde et vécu des situations.

Rigoureux et loyal, c’est dans cette province du Mayo-Kebbi est que le confident du gouverneur compte passer le reste de sa vie. “Cela fait 40 ans que je sers la province. Je suis fatigué, maintenant, j’attends ma retraite, et c’est ici que je resterai“, confie Adibang, tout fier. “Je travaille en collaboration avec le service de sécurité. Mais le secret, surtout le secret c’est à faire attention“, lance-t-il.

Pourquoi a-t-il préféré passer toute sa carrière à Bongor ? « Quand j’étais arrivé, Bongor était si petite avec une population estimée à 20 mille âmes. Au fil du temps, par la contribution des uns et autres, elle est maintenant une ville qui compte entre 50.000 à 60.000 habitants. C’est une fierté, et j’aimerais rester pour donner des conseils à celle ou celui qui me relèverait», promet Adibang, tout sourire.

Au-delà de sa place auprès des 20 derniers gouverneurs de la province de  Bongor, Adibang est un cultivateur de tarot, maïs, bref un amoureux du travail de la terre. Ancien sportif, il jouait dans les années 1990 au football dans le championnat local. Aujourd’hui, le poids de l’âge a eu raison de sa passion pour le football. Il ne peut plus aller taquiner le ballon sur terre battue. C’est avec émotion et nostalgie qu’il regarde son maillot avec le dossard numéro 9.





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