Bobo-Dioulasso : Le ministère de l’Environnement dédommage des victimes de dégâts causés par les animaux sauvages


Le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique en partenariat avec le Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIE) a procédé, samedi 10 octobre 2020, à Bobo-Dioulasso, à la remise symbolique de chèques d’une trentaine de millions de Fcfa aux victimes de dégâts causés par les animaux sauvages.

Les intrusions d’animaux sauvages dans les exploitations et aménagements des populations entrainent des conflits de cohabitation Homme-Faune. Ces conflits constituent des facteurs limitant la conservation de la faune en même temps qu’ils rendent précaires les efforts déployés pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté.

Pour remédier à cela, le Conseil des ministres a adopté en 2016 un décret portant conditions et modalités de réparations des dommages causés par certaines espèces animales sauvages au Burkina Faso. Ce décret vient opérationnaliser un des modes de financement du Fonds d’Intervention pour l’Environnement -FIE- créé officiellement en 2015.

C’est dans ce sens que le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, en partenariat avec le Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIE), a procédé le samedi 10 octobre 2020, à Bobo-Dioulasso, à la remise symbolique de chèques aux victimes de dégâts causés par les animaux sauvages.

Dr Jean Marie Sourwema, directeur général du FIE

Ce sont des chèques d’une trentaine de millions de Fcfa au total qui ont été remis à ces victimes issues des régions des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Centre-Ouest, du Centre-Sud, du Centre-Est et du Sud-Ouest.

Ces remises de chèques interviennent à l’issue des travaux du comité thématique « Faune et Forêt » du FIE chargé d’examiner les requêtes de réparation. Ce comité avait validé 87 procès-verbaux de dégâts sur 98 issus des régions administratives citées plus haut.

Une voie innovante de recours

L’indemnisation des communautés locales dans le cas des dommages causés par les animaux sauvages est donc une des formes d’appui financier du Fonds et la vision du département de l’Environnement était justement d’apporter aux victimes une voie innovante de recours.

Dosoba King le Bonch, chef de la confrérie Dozo sans frontières

Cependant, selon Dr Jean Marie Sourwema, directeur général du FIE, le comité thématique « Faune et Forêt » a déploré le manque de guide unique sur lequel les agents de terrain se basent pour l’évaluation des dégâts ; ce qui ne leur permet pas d’apprécier objectivement les procès-verbaux.

Aussi, le comité recommande entre autres de définir des barèmes d’appréciation des dégâts causés par les animaux sauvages, accélérer la mise en place du comité local d’évaluation ; joindre la copie de la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), les photos des dégâts, les coordonnées géographiques aux procès-verbaux ; organiser une mission sur le terrain dans le plus bref délai pour vérifier les dégâts des sites ciblés par le comité ; faire un plaidoyer afin d’augmenter l’enveloppe financière dédiée à l’indemnisation…

Sept jours pour porter le fait dommageable à la connaissance d’un service compétent

Le ministre de l’Environnement, Nestor Batio Bassière, a exprimé, au nom du gouvernement, sa solidarité et sa compensions aux victimes. Cependant, plutôt que de passer le temps à dédommager, le ministre prône la sensibilisation de la population pour permettre une bonne cohabitation Homme-Faune.

Nestor Batio Bassière, ministre de l’Environnement

Il a par ailleurs invité toute personne victime de dommage causé par un animal sauvage et désirant obtenir réparation, à porter le fait dommageable à la connaissance des services en charge de la faune dans un délai de sept (7) jours à compter de la date de survenance. Passé ce délai, la victime peut saisir directement le chef de circonscription administrative la plus proche.

Enfin, il a lancé comme appel aux populations vivant à proximité des animaux sauvages, de respecter ces espèces dans un souci de préservation de la quiétude du milieu rural.

Salifou Toro, producteur à Niangoloko dans les Cascades, est une victime ayant reçu un chèque de 8 300 000. Il a eu comme dommages des dégâts causés par des éléphants sur près de 115 ruches et dans une plantation de Moringa d’environ deux hectares. Bien que satisfait de ce dédommagement, il souligne que ce n’était pas son souhait d’en arriver là. Aussi, il recommande au ministère de l’Environnement et au FIE de faire en sorte d’éviter ces situations en maintenant les éléphants dans leurs milieux afin que la cohabitation soit pacifique car dit-il, « l’Etat gagnerait à investir ailleurs cette somme que dans des dédommagements ».


Selon le Dosoba King le Bonch, chef de la confrérie Dozo sans frontières, ils ont recruté des volontaires au sein de la confrérie Dozo pour contribuer à la protection des espèces protégées. Ce résultat a été satisfaisant car il y a beaucoup d’éléphants aujourd’hui au Burkina Faso. Il estime à l’entame des autres intervenants qu’il ne faut pas seulement être là pour dédommager mais plutôt accompagner les volontaires pour limiter les dégâts, leur faciliter le travail pour obtenir une collaboration de la population.

Haoua Touré

Lefaso.net





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