Baisse drastique de la valeur ajoutée dans l’hôtellerie et la restauration au deuxième trimestre


La valeur ajoutée des industries de transformation a reculé de 22% au deuxième trimestre après une augmentation le même trimestre de 2,9% un an auparavant, a souligné Bank Al-Maghrib dans sa revue de la conjoncture économique, monétaire et financière d’octobre. Selon la banque centrale, cette contreperformance a concerné particulièrement les «industries mécaniques, métallurgiques, électriques et électroniques» et du «textile et cuir» qui ont accusé respectivement un recul de 53,6% et 46,7%. Cette évolution a été faible pour l’«alimentaire et tabac» (-1,5%), alors que la «chimie et parachimie» a enregistré une amélioration de 3,2%, a relevé l’institution soulignant que les données des comptes nationaux relatives à cette période permettent d’apprécier l’ampleur du double choc lié à la pandémie du Covid-19 et aux conditions climatiques sur l’économie nationale. A en croire les économistes de BAM, l’activité aurait poursuivi son amélioration au troisième trimestre, tout en demeurant en deçà de son niveau une année auparavant. En effet, pour les mois de juillet et août, le taux d’utilisation des capacités dans l’industrie a accusé une baisse de «7 points de pourcentage par rapport à la même période de l’année 2019, pour s’établir à 65%, niveau proche de sa moyenne historique de 71%», a relevé Bank AlMaghrib qui s’appuie sur les résultats de son enquête mensuelle de conjoncture. Alors qu’elle s’est contractée de 17,1% au deuxième trimestre, après une augmentation de 1,4% un an auparavant, l’activité dans le BTP « aurait poursuivi sa baisse au troisième trimestre, toutefois à un rythme moindre comme en atteste la diminution de 3,7% des ventes de ciment au cours du même trimestre au lieu d’une hausse de 2,6% », selon BAM. De son côté, la valeur ajoutée de la branche « électricité et eau » s’est repliée de 12,3%, après une hausse de 19,1%. Ce qui reflète la baisse de l’activité observée dans plusieurs secteurs économiques durant la période de confinement. Comme le relève la banque centrale dans sa revue, «cette évolution se serait nettement atténuée au trimestre suivant comme le laisse présager la légère baisse de 1,9% de la production d’électricité en juillet et août». Il apparaît ainsi, par source, que celle-ci a régressé de 28,4% pour l’hydraulique, de 7,8% pour l’éolienne et de 7% pour le solaire, alors qu’elle s’est accrue de 1,3% pour le thermique qui représente près de 80% du total, peut-on lire. En même temps, il ressort que la demande d’électricité s’est améliorée de 1,3%, avec un léger recul de 0,4% pour celle très haute, haute et moyenne tension, a fait savoir l’institution. «Dans ces conditions, les importations ont augmenté de 21,5% et les exportations ont chuté de 52,1%», a estimé BAM. Quant aux industries extractives, les analyses de BAM montrent qu’elles ont affiché une certaine résilience, marquée par une amélioration de leur valeur ajoutée de 7,9% après une baisse de 1,1% un an auparavant. Mais cela n’a été que de courte durée, puisque les données du mois de juillet font état d’une diminution de 3,1%, après un accroissement de 6,6% un an auparavant de la production marchande de phosphate. Concernant la branche «hôtels et restaurants», l’enquête mensuelle de conjoncture montre que sa valeur ajoutée a reculé de 90% au deuxième trimestre contre une hausse de 4,3%. Selon les prévisions de BAM, «cette contreperformance devrait se poursuivre au troisième trimestre mais à un rythme moindre, avec la légère reprise du tourisme interne et la réouverture partielle et conditionnelle du trafic aérien et maritime des passagers». Dans sa note, la banque centrale rappelle que cette branche est considérée comme l’une des plus affectées par la pandémie avec la fermeture à partir de mi-mars 2020 des frontières aériennes et maritimes de passagers et l’arrêt quasitotal du trafic ferroviaire et routier de voyageurs ainsi que la fermeture des hôtels et restaurants. Après une progression de 6,9% une année auparavant, la VA des services de transport a baissé de plus de moitié au deuxième trimestre. Ce qui, à en croire les analyses des économistes de BAM, reflète «l’arrêt quasi-total du trafic des voyageurs durant la période du confinement et la contraction du trafic des marchandises, avec le reflux des échanges extérieurs du Maroc et de l’activité dans les autres secteurs». Pour le troisième trimestre, les économistes de Bank Al-Maghrib prédisent que la baisse devrait nettement s’atténuer, avec notamment la reprise progressive du trafic notamment interne de voyageurs et de l’activité dans plusieurs branches économiques. Se basant sur les dernières données relatives au mois de juillet et août, BAM indique une hausse de 5% du trafic de marchandises maritime au niveau des ports gérés par l’Agence nationale des ports. Enfin, en dépit de l’essor du télétravail, du commerce électronique et de l’enseignement à distance, il ressort que la valeur ajoutée au niveau des postes et télécommunications «a de nouveau reculé de 1,7% au deuxième trimestre, au lieu de 0,4% un an auparavant». 



libe

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