Burkina Faso: Gestion du fret par le CBC – les transporteurs s’opposent


La Faitière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB) a dénoncé une mauvaise gestion du secteur par le ministre de tutelle au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée, le lundi 12 octobre 2020 à Ouagadougou.

Le torchon brûle entre le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent T. Dabilgou et ses collaborateurs que sont les transporteurs routiers.

Ces derniers refusent « catégoriquement » la gestion du fret par le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), comme décidé par le récent arrêté ministériel à la suite d’un décret.

En effet, lors d’une conférence de presse, tenue le lundi 12 octobre 2020 à Ouagadougou, les transporteurs routiers ont menacé d’organiser un mouvement d’humeur si rien n’est fait pour rétablir leurs structures associatives, à savoir la Faitière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB) dans son droit.

« Notre discorde avec le ministre Vincent Dabilgou tient au fait qu’il refuse d’impliquer les acteurs de la FUTRB dans le processus de gestion du fret comme le prévoient les textes », se sont indignés les conférenciers.

Lors de ce rendez-vous avec les hommes de médias, le bureau national de la FUTRB a critiqué sévèrement le ministre Dabilgou indiquant que celui-ci est animé « d’attitudes divisionnistes à l’égard des acteurs du transport ».

Dans la déclaration liminaire, le secrétaire général de la FUTRB, Bonaventure Kéré, a indiqué que le climat n’est pas tendre, car, selon lui, leur ministre de tutelle a toujours ramé à contre-courant des actions et services de la FUTRB.

« Notre ministre n’a eu de cesse d’empêcher la faitière de fonctionner. C’est ainsi qu’il a, malgré la volonté de l’exécutif (le Premier ministre surtout) d’avoir une structure unique, créé parallèlement une association dénommée Haut conseil des transporteurs du Burkina Faso », a regretté M. Kéré.

A la question de savoir comment les transporteurs comptent mener la revendication, le président national de la FUTRB, Issoufou Maïga, n’a pas voulu dévoiler les moyens de pression, précisant que l’idéal est de parvenir à un consensus, étant donné que le dialogue n’est pas rompu avec la tutelle.

Toutefois, il a rappelé que le domaine du transport est purement privé et ne saurait être phagocyté par l’administration publique.

« Ici, ce sont les intérêts des commerçants qui sont en jeu. Nous sommes plus de 8000 transporteurs avec des ramifications de transit dans sept ports africains. Le CBC n’est pas commerçant et ne peut assumer ces charges.

Il n’est pas question de céder la moindre portion de nos intérêts à quiconque », a martelé M. Maïga. Pour lui, la force est au gouvernement certes, mais le commerce est avant tout libéral. « Nous voulons juste que l’Etat nous accompagne via des textes et règlements qui garantissent le ravitaillement du pays.

Mais, cela ne veut pas dire que le gouvernement doit s’ingérer dans la gestion ou faire de la récupération », a-t-il dit avant d’inviter ses collaborateurs au calme en attendant un dénouement heureux de la crise.

A la suite de cette sortie médiatique, le ministre Vincent Dabilgou entend donner plus de détails sur la question ce jour, mardi 13 octobre 2020 au cours d’un point de presse.



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