Brexit : il est « temps de se préparer à un no deal », prévient Boris Johnson



Publié le 16 oct. 2020 à 13:43Mis à jour le 16 oct. 2020 à 14:46

Ce vendredi, Boris Johnson n’a pas clairement claqué la porte des discussions avec l’UE sur l’après Brexit. Mais il a regretté « l’abandon, par Bruxelles, de toute idée d’accord de libre-échange sur le modèle de celui conclu par les Européens avec le Canada », en dépit des demandes répétées du Royaume-Uni. Et il a prévenu qu’à moins d’un revirement de dernière minute de la part des Vingt-Sept, il était désormais « temps pour les entreprises britanniques de se préparer à un scénario de no deal ».

« Il est curieux qu’après 45 ans d’appartenance à l’UE, les Européens refusent de nous donner ce qu’ils ont offert au Canada », a regretté le Premier ministre britannique dans une brève allocution télévisée. « Ils ont abandonné l’idée d’un accord de libre-échange, il ne semble y avoir aucun progrès de la part de Bruxelles, a-t-il expliqué. Donc ce que nous leur disons, c’est : ‘Venez nous voir en cas de changement fondamental d’approche, sinon cela nous va très bien de parler des détails pratiques’ » afin de limiter les dégâts immédiats d’un Brexit sans accord, par exemple sur la Sécurité sociale ou le transport aérien.

VIDEO. L’allocution de Boris Johnson

Maîtres des horloges

Le Premier ministre britannique avait fixé à la mi-octobre la date limite pour parvenir à esquisser un compromis politique au sujet de la relation future entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Mais durant leur première journée de sommet jeudi à Bruxelles, les dirigeants européens se sont refusés à céder à la pression du temps pour rester eux-mêmes maîtres des horloges. Leurs conclusions à ce sujet appellent ainsi Michel Barnier, leur négociateur en chef, à simplement « continuer les négociations », là où une version antérieure du texte allait jusqu’à préconiser leur intensification.

David Frost, le négociateur en chef britannique, a aussitôt déclaré, sur Twitter, qu’il était « déçu » par les conclusions du Conseil européen, ajoutant être « surpris que l’UE ne s’engage plus à travailler intensément » pour parvenir à un compromis. Il s’est également dit « surpris de la suggestion que pour obtenir un accord, tous les prochains gestes devront venir du Royaume-Uni ». Et d’ajouter que c’est, selon lui, « une approche inhabituelle pour mener une négociation ». Dans leurs conclusions, les dirigeants européens appellent en effet le Royaume-Uni à « faire les gestes nécessaires pour rendre possible un accord ».



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