A Londres, le gouvernement se dit prêt à un « no deal », mais pas les entreprises



Publié le 18 oct. 2020 à 14:45Mis à jour le 18 oct. 2020 à 15:39

Le Royaume-Uni est-il réellement prêt à affronter un « no deal » ? Le gouvernement britannique en semble persuadé. Les entreprises, beaucoup moins. « Nous sommes de mieux en mieux préparés » à quitter l’UE sans accord, jugeait dimanche sans ciller le numéro deux du gouvernement britannique, Michael Gove, dans une tribune au « Sunday Times » . « Ce n’est pas la solution que je privilégie, et il y a aura des turbulences sur la route […] mais si le choix est entre des arrangements qui nous lient les mains indéfiniment et la possibilité de décider de notre propre futur, alors il n’y a pas à choisir. » Un vrai changement de discours pour le ministre en charge des préparations en cas de « no deal », qui a toujours dit jusque-là combien un tel scénario l’inquiétait.

Mais le moins que l’on puisse dire est que les entreprises britanniques ne l’entendent pas de cette oreille. Depuis que Boris Johnson a appelé, vendredi, à se préparer au « no deal » à moins d’un revirement de Bruxelles, elles redoutent que l’accord si important pour leurs investissements et leurs emplois ne passe à l’as pour des motifs purement politiques.

Automobile , agriculture, transport aérien , services financiers, chimie, high-tech ou encore pharmacie : plus de 70 fédérations professionnelles représentant 190.000 entreprises et plus de 7 millions d’employés ont enjoint Boris Johnson à revenir à la table des négociations . « Avec un esprit de compromis et de la ténacité, un accord peut être trouvé. Les entreprises appellent les leaders des deux côtés à trouver une issue », ont dit dans une déclaration commune la CBI (l’équivalent britannique du Medef), et des lobbys comme TheCityUK, TechUK, le British Retail Consortium, la Society of Motor Manufacturers and Traders ou encore le National Farmers’Union.

Un quart des entreprises pas sûres d’être prêtes

Deal ou no deal, un quart des entreprises britanniques ne sont pas sûres d’être prêtes pour la fin de la période de transition, et près de la moitié disent ne pas l’être à ce stade, montre un sondage de l’Institute of Directors publié la semaine dernière . Les plus petites d’entre elles, déjà aux prises avec les dégâts économiques du Covid, peinent en particulier à se préparer au scénario d’un « no deal ».

L’ironie de l’histoire, c’est que les hard Brexiters, loin de pousser le gouvernement à la roue, sont eux-mêmes le pied sur le frein. Selon « Politico », l’ex-ministre du Brexit, David Davis, estimait jeudi que le Premier ministre devait « continuer de discuter avec Bruxelles ». Idem pour l’influent député Steve Baker, qui dans une interview à « La Repubblica » l’a pressé d’offrir à l’UE des « garanties robustes » sur les aides d’Etat, afin de trouver un compromis.



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