Afrique de l’Ouest: Une sous-région à l’épreuve des Présidentielles


Dakar — Décidément cette fin d’année 2020 sera placée sous le signe de consultations électorales en Afrique de l’Ouest, sous-région dont pas moins de cinq pays organisent, dans un climat de tensions pour certains et de sérénité politique pour d’autres, des présidentielles décisives.

Outre la Guinée qui a ouvert le bal, le 18 octobre, avec un premier tour de la présidentielle, les ressortissants de quatre autres pays sont attendus aux urnes pour choisir leurs présidents. Il s’agit en l’occurrence de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Ghana et du Niger.

Dimanche dernier, les Guinéens étaient plus de 5,4 millions à voter pour départager 12 candidats, dont le chef d’Etat sortant, Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, qui brigue un troisième mandat.

Le premier tour de cette présidentielle marquée par un climat de tension suscitée par la contestation, par l’opposition, de la candidature de M. Condé (82 ans), s’est déroulé dans le calme. Et en fonction des résultats officiels, un second tour aurait lieu le 24 novembre.

Parmi les 12 prétendants, la course sera, sauf énorme surprise, serrée entre le président sortant et le candidat de l’opposition, Cellou Dalein Diallo (68 ans), battu par Alpha Condé au second tour il y a dix ans, et au premier cinq ans plus tard.

Si des craintes se sont dissipées quant au déroulement du scrutin, les esprits se sont échauffés dès le lendemain sur la question de la publication des résultats par l’opposition, sans attendre leur proclamation officielle par la commission électorale (Céni).

Le parti du président sortant, Alpha Condé a condamné, lundi, la déclaration de victoire à la présidentielle de son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo.

« Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) condamne sans réserve et avec la plus grande fermeté la déclaration irresponsable et dangereuse » de M. Diallo, qui a affirmé dans l’après-midi sa victoire à l’élection présidentielle de dimanche « dès le premier tour », indique un communiqué du parti au pouvoir.

Devancer la Céni reviendrait à mettre de « l’huile sur le feu », avait averti dimanche soir le Premier ministre Kassory Fofana, qui est aussi directeur de la campagne du président sortant, mettant en garde contre « une situation de dégradation qui va échapper à tout contrôle ».

Autre pays, autre situation, la Côte d’Ivoire qui s’apprête à organiser, le 31 octobre, sa présidentielle, retient son souffle.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, les craintes d’une nouvelle tension sont redoutées dans ce pays de 25 millions d’habitants, dont 7,5 millions électeurs passeront aux urnes pour choisir le président parmi quatre prétendants.

Le Conseil Constitutionnel avait, en effet, rejeté quarante dossiers de candidature et déclaré quatre candidats aptes à briguer la magistrature suprême du pays, dont le président sortant Alassane Ouattara qui brigue un troisième mandat, l’ancien premier ministre Affi N’Guessan (opposition), l’ex-chef de l’Etat Henri Konan Bédié (opposition) et le député Kouadio Konan Bertin (Indépendant).

A une dizaine de jour du vote, plusieurs localités du pays ont été le théâtre, lundi, d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les heurts provoqués par le mot d’ordre de désobéissance civile lancé par l’opposition, ont fait un mort et plusieurs blessés à Bonoua, ville située à 50 km à l’Est d’Abidjan.

Une mission dépêchée à Abidjan par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exhorté le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Front populaire ivoirien (FPI), les deux principales formations de l’opposition, à reconsidérer sérieusement la décision de boycotter la présidentielle.

Au Burkina Faso, la présidentielle prévue le 22 novembre intervient alors que le pays subit, régulièrement et depuis 2015, des attaques jihadistes qui, entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont coûté la vie à un millier de personnes et contraint plus d’un million à fuir leurs foyers.

Quatorze des 23 candidatures reçues ont été acceptées par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et soumises au Conseil constitutionnel pour validation définitive. Sur la liste figurent notamment le président sortant Roch Marc Christian Kaboré, candidat pour un second mandat, le chef de file de l’opposition Zephirin Diabré ou encore Eddie Komboïgo, candidat de l’ancien parti au pouvoir sous l’ex-président Blaise Compaoré.

Au Ghana, pays cité en exemple après plusieurs alternances pacifiques, le président sortant Nana Akufo Addo, du parti NPP (Nouveau parti patriotique), affrontera, le 7 décembre, son principal adversaire et ancien Président, John Dramani Mahama, du parti NDC (Congrès démocratique national).

Il s’agira de la troisième confrontation électorale consécutive entre Akufo Addo (76 ans) et Dramani Mahama (61 ans). Lors de la présidentielle de 2016, la confrontation a tourné à l’avantage de Nana Akufo-Addo avec 53,8% des voix.

Au Niger, le président Mahamadou Issoufou a d’ores et déjà tranché la question de sa candidature en affirmant qu’il ne se présentera pas à sa propre succession lors du scrutin présidentiel du 27 décembre prochain.

« Je confirme que je ne vais pas briguer un troisième mandat », a souligné récemment lors d’un entretien accordé à une chaîne d’information internationale, M. Issoufou élu à la tête du Niger en 2011, puis réélu en 2016 pour un second mandat de 5 ans.

Le premier tour de la présidentielle, couplé aux législatives, est fixé au 27 décembre 2020. Il sera précédé par des élections municipales.

L’ex-ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, a été investi candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir), aux côtés d’une dizaine de chefs de partis investis pour la course à la présidence.



actuniger

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