Brexit : Londres accepte la reprise des négociations



Publié le 21 oct. 2020 à 18:57Mis à jour le 21 oct. 2020 à 19:07

Après plusieurs jours d’inquiétude et de blocage de la part du Royaume-Uni, les négociations du Brexit vont pouvoir reprendre ce jeudi à Londres. Dans un communiqué, un porte-parole du gouvernement britannique a en effet jugé, mercredi soir, que les récentes déclarations de Michel Barnier devant le Parlement européen constituaient des signaux suffisants pour réenclencher les tractations.

« Nous sommes prêts à accueillir l’équipe de négociateurs de l’UE à Londres », a indiqué mercredi soir un porte-parole de Downing Street. Avant d’ajouter : « Nous nous sommes mis d’accord sur une série de principes pour mener cette phase de discussions intensifiées ». Les négociations auront lieu tous les jours, à compter de ce jeudi après-midi.

Des mots soigneusement choisis

Mercredi, devant le Parlement européen, Michel Barnier avait pesé chacun de ses mots, envoyant les signaux attendus par Londres. Estimant qu’un accord est toujours « à portée de main » mais qu’« il faut être deux pour le trouver », le négociateur des Européens avait notamment déclaré que les discussions étaient « pleinement compatibles avec le respect de la souveraineté britannique, une inquiétude légitime du gouvernement de Boris Johnson ». Londres faisait de ce point l’une des conditions sine qua non d’une éventuelle reprise des pourparlers. Autres propos appréciés à Londres : Michel Barnier a été clair quant au fait qu’un éventuel accord nécessiterait des efforts des deux côtés – les conclusions écrites des dirigeants européens, lors de leur sommet de fin de semaine dernière, pointaient exclusivement la nécessité pour le Royaume-Uni de faire des compromis.

Après quelques jours de flottement, les négociateurs européens vont donc pouvoir se rendre à Londres pour reprendre formellement les discussions et amorcer la discussion sur un document juridique, comme le souhaitait Londres. L’intensification finale des discussions va pouvoir débuter, sans qu’il soit possible, à ce stade, de préjuger de l’issue des pourparlers. 

Posture

D’un point de vue tactique et politique, l’étape de blocage qui vient de se dérouler pourrait offrir à Boris Johnson la posture de fermeté qui lui permettrait de faire passer, ultérieurement, un éventuel compromis auprès de son opinion publique. En faisant preuve de bonne volonté face aux grandes exigences de Londres, l’Union européenne facilite donc la tâche pour le dirigeant britannique au plan intérieur.

Mais sur le fond, les points de friction demeurent. Il va falloir un sens aigu du compromis aux deux camps pour parvenir à s’entendre sur l’avenir de la pêche, un dossier sur lequel Londres entend bien profiter pleinement de sa souveraineté retrouvée. La difficulté s’annonce également élevée au sujet des conditions futures d’une concurrence équitable entre les deux parties et sur la gouvernance du futur accord.

A Londres comme à Bruxelles, on appelle à ne pas vendre la peau de l’ours trop tôt. « Il est entièrement possible que de telles négociations n’aboutissent pas », prévient le porte-parole britannique, appelant les entreprises du pays à se préparer d’urgence à tous les scénarios.



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