Au Liban, priorité à l’économie, la politique suivra



Un an après la révolution, la colère des Libanais doit se muer en une pression constructive pour obtenir une stabilisation socialement juste de l’économie. C’est seulement dans un second temps que des élections libres et équitables pourront avoir lieu, estime l’économiste Ishac Diwan.

Pour son deuxième siècle d’existence, le Liban devra nécessairement se réinventer. Le château de cartes s’étant désormais effondré, il devient malheureusement évident que si nous n’imaginons pas rapidement une issue, le Liban finira par devenir un État failli.

Or ni les propositions économiques débattues ni les combinaisons politiques tentées n’ont jusqu’à présent permis de s’approcher d’une résolution des multiples crises qui ne cessent de creuser chaque jour les divisions et la paupérisation de la population.

Une double paralysie 

Au contraire, le piège ne fait que se refermer davantage sur le pays. D’un côté, l’effondrement économique rend le progrès politique presque impossible, chaque parti se concentrant sur sa propre préservation ; de l’autre, le durcissement des positions politiques complique la mise en œuvre des réformes économiques nécessaires.

L’idée selon laquelle l’effondrement du pays peut éventuellement constituer un préalable à sa reconstruction constitue une recette parfaite pour le désastre. Les États faillis tendent en effet à s’enliser dans la spirale de l’échec pendant des décennies dans la mesure où leur capital social, commercial, institutionnel et leur réputation sont presque irrémédiablement détruits.

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Pour sortir de ce piège, il est nécessaire de hiérarchiser les priorités en se concentrant d’abord sur le front économique. Certes, la survie de l’ancien système politique constitue une préoccupation, mais à long terme, cette crainte peut être dissipée : la majorité des Libanais ont désormais pris conscience de son caractère destructeur, et les réformes économiques à venir ne feront que rendre son échec plus patent encore.

Un changement politique inévitable

D’autant que ce système ne pourra pas, cette fois-ci, abuser de l’aide extérieure pour assurer sa reproduction : il n’y a guère plus de rentes extérieures disponibles pour

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Ishac Diwan

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Longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour, a été la parfaite illustration du “Liban de papa” francophone et chrétien que la guerre civile allait tourner en dérision. Le départ

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