Afrique de l’Ouest: Tournée sahelienne de le Drian – Bamako valait bien un détour !


Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a entamé, le 25 octobre dernier, une tournée dans trois pays du Sahel, à savoir le Mali, le Niger et le Burkina Faso. C’est le premier pays cité, c’est-à-dire le Mali, qui a eu l’honneur d’accueillir le ministre français, en premier.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Bamako valait bien un détour et cela, pour plusieurs raisons essentielles. La première est liée à la libération de la Française Sophie Pétronin. Le Drian, de vive voix, ne manquera pas d’exprimer le « Anichié » (merci en bambara) de la France au Mali pour s’être investi pour que sa compatriote recouvre la liberté.

Et la France peut d’autant plus se réjouir de cette libération que cette otage était le seul Français dans le monde qui était encore dans les griffes des djihadistes. A l’occasion de cette visite, l’on peut être sûr que le diplomate français n’évoquera pas, du moins publiquement, la contrepartie de cette libération.

D’abord, parce que c’est une question qui peut fâcher du côté de Bamako. Ensuite, parce que la France pourrait n’avoir pas trouvé d’inconvénients à cracher au bassinet pour payer la rançon si tant est qu’il y ait eu une contrepartie financière à la libération de l’otage française. La deuxième raison qui a motivé le déplacement du chef de la diplomatie française, est liée à ceci : le Mali s’était rendu infréquentable après le coup de force de l’armée contre Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), le 18 août dernier.

Comme aujourd’hui, les choses sont rentrées dans l’ordre, il était du devoir de Le Drian de rencontrer les nouvelles autorités pour évoquer avec elles, des sujets d’intérêt pour les deux pays. Et il ne fait pas l’ombre d’un doute que les deux pays réitèreront leur volonté commune de casser du terroriste dans le Sahel.

Et dans un contexte où l’action des forces françaises est contestée par une bonne partie de l’opinion malienne, ce déplacement vaut bien la peine. Il faut signaler qu’avant de fouler le sol malien, le chef de la diplomatie française était à Alger. C’était le 15 octobre dernier.

On peut croire à la volonté de la France d’associer davantage l’Algérie à la résolution de la crise sécuritaire malienne

Au pays de Ben Bella justement, la crise sécuritaire malienne a été évoquée par Jean-Yves Le Drian. Et les deux parties se sont prononcées pour une mise en œuvre des accords d’Alger, signés on se rappelle en 2015.

Tous ceux qui connaissent la géographie du Mali savent que sans l’implication significative de l’Algérie, il n’est pas imaginable de chercher à traquer, avec succès, les terroristes dans le septentrion malien.

L’un dans l’autre, on peut croire à la volonté de la France d’associer davantage l’Algérie à la résolution de la crise sécuritaire malienne. Et rien ne dit que l’Algérie n’a pas contribué à la libération de Sophie Pétronin.

Après le Mali, Jean-Yves le Drian se rendra à Niamey au Niger, puis à Ouagadougou, au Burkina Faso. Deux sujets probablement, lors de ces deux visites, seront abordés : la sempiternelle question du terrorisme et la question des élections qui se profilent dans ces deux pays.

Par rapport au terrorisme, il sera réaffirmé, comme au Mali, la volonté de ces deux pays et de la France de poursuivre ensemble la lutte contre le terrorisme. Et il ne pouvait pas en être autrement.

En effet, à la rencontre de Pau, on se rappelle, le grand Chef Blanc, Emmanuel Macron, avait exigé de ses partenaires africains du G5 Sahel, qu’ils clarifient leur position, par rapport à la France. De manière claire et nette, tous avaient souhaité que la France restât à leurs côtés pour traquer les terroristes.

A Bamako, à Niamey comme à Ouagadougou, cela sera réaffirmé avec force. Le deuxième sujet qui sera probablement abordé par Jean-Yves le Drian au Niger comme au Burkina, se rapportera aux élections qui s’y tiendront très prochainement. Et le Burkina tout comme le Niger font partie des rares pays anciennement colonisés par la France, où la démocratie n’est pas malmenée.

La France donc, les encouragera à maintenir cette dynamique. Il faut le dire, s’il y a un sujet aujourd’hui qui embarrasse la France, c’est bel et bien celui de la démocratie en Afrique et surtout dans ses ex-colonies. En tout cas, en ce qui concerne la Guinée et la Côte-d’Ivoire, la France ne veut point évoquer le sujet. Et l’on sait pourquoi.



actuniger

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