Au Royaume-Uni, l’ancien dirigeant travailliste Jeremy Corbyn suspendu par son parti



La décision est intervenue après que le député de Londres a critiqué jeudi 29 octobre les conclusions d’une enquête pointant ses défaillances dans la lutte contre l’antisémitisme dans le Labour au cours de son mandat. Pour la presse, cette suspension est un acte fort, qui risque de relancer une guerre entre les différents courants au sein du parti.

Coup de tonnerre politique outre-Manche. Six mois à peine après son départ de la tête du Labour, Jeremy Corbyn a été suspendu par la nouvelle direction du parti, jeudi 29 octobre. La décision a été prise peu après la publication d’un rapport “accablant” sur l’antisémitisme au sein du principal parti d’opposition lorsque le député de Londres en était le dirigeant, précise The Guardian.

D’après les conclusions de l’enquête indépendante, menée par la Commission sur l’égalité et les droits humains, “de nombreux exemples de harcèlement et de discrimination ont été relevés” au cours de son mandat, de 2015 à 2020. Le rapport pointe également des “défaillances majeures de la part des dirigeants du parti dans la réponse apportée” aux faits signalés.

Critiqué à de nombreuses reprises pour son attentisme, voire son ambiguïté sur la question, en particulier avant les élections législatives de 2019, Jeremy Corbyn a rejeté en bloc dans un communiqué les conclusions de la Commission :

Un acte d’antisémitisme, c’est bien entendu déjà trop. Mais le problème a été exagéré pour des raisons politiques.”

Une déclaration qui a donc mené à sa suspension par les nouveaux dirigeants, “dont l’une des priorités est de restaurer de bonnes relations avec la communauté juive”, précise The Guardian.

“Même lorsqu’on le met face à des conclusions méticuleuses et indépendantes de ses propres défaillances, M. Corbyn ne peut s’empêcher de s’ériger en victime”, déplore le quotidien The Times.

“La décision d’engager des poursuites disciplinaires à son encontre sera accueillie favorablement par la communauté juive”, estime de son côté le New Statesman.

Mais dans le même temps, “on se dirige vers une guerre ouverte entre sir Keir Starmer”, le nouveau leader du parti, plus proche du centre, et la gauche du parti, dont est issu Jeremy Corbyn. Selon l’analyse de l’hebdomadaire de gauche :

Sa suspension démontre sans aucune ambiguïté à quel point l’approche de Starmer est synonyme d’un véritable changement de capMais s’il ne sort pas vainqueur du conflit qui s’ensuivra, cela démontrera également que les travaillistes sont plus divisés que jamais, une division que Starmer se sera révélé incapable de surmonter.”





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