Boris Johnson annonce un reconfinement de l’Angleterre



Publié le 31 oct. 2020 à 20:28Mis à jour le 31 oct. 2020 à 20:49

La situation n’était plus tenable. Devant la progression galopante de l’épidémie, Boris Johnson a annoncé ce samedi un reconfinement de l’ensemble de l’Angleterre à compter de jeudi, et ce jusqu’au 2 décembre. Les Britanniques devront rester chez eux, ne pourront plus s’inviter les uns chez les autres, et ne pourront continuer de voir qu’une seule personne d’un autre foyer à la fois, pour faire de l’exercice ou se promener en extérieur. Tous les voyages à l’étranger seront interdits, sauf pour des raisons professionnels. 

Déjà largement éprouvés par le premier confinement décrété le 23 mars dernier , les restaurants, pubs et cafés ainsi que tous les commerces non essentiels devront une nouvelle fois fermer leurs portes – seule la vente à emporter pourra continuer. Les crèches, les écoles et les universités resteront en revanche cette fois ouvertes, en plus des commerces essentiels. Les secteurs manufacturier et agricole ainsi que celui de la construction continueront eux aussi de fonctionner. 

Une stratégie jusque-là régionale

Le dispositif gouvernemental de chômage partiel, qui devait s’achever fin octobre, sera prolongé jusqu’à début décembre. L’Etat prendra en charge 80% des salaires des employés contraints de s’arrêter de travailler. 

Pour tenter de préserver l’activité économique dans les zones moins touchées par le virus – notamment au sud du pays – , le Premier ministre britannique avait jusque là privilégié une stratégie de reconfinement régional à trois niveaux (avec des zones à risque modéré, élevé ou très élevé) qui faisait peser des mesures de restriction de sévérités diverses à 58% de la population du pays. 

Il avait aussi refusé d’adopter un reconfinement national de courte durée (deux à trois semaines) autour des vacances de la Toussaint qui s’achèvent ce week-end, là où le leader de l’opposition travailliste, Keir Starmer, réclamait un tel « coupe circuit » (circuit breaker).

Dégradation rapide de la situation

Mais la situation sanitaire s’est si rapidement dégradée qu’il a dû se résoudre à changer son fusil d’épaule. Non seulement le virus a déjà fait plus de 46.500 morts au Royaume-Uni, soit un record en Europe, et y a déjà contaminé plus d’un million de personnes. Mais le nombre de nouveaux cas quotidiens de contaminations a bondi de 47% la semaine dernière par rapport aux sept jours précédents en Angleterre, à près de 52.000 selon un rapport de l’Office for National Statistics (ONS) publié vendredi. Et le nombre d’infections et d’hospitalisations y a dépassé le pire des scénarios qui avaient été envisagés, selon une note du Sage, le groupe de scientifiques qui conseille le gouvernement, datant du 14 octobre et elle aussi publiée vendredi.

« A moins d’agir, nous risquons de voir le nombre de morts atteindre plusieurs milliers par jour, un pic de mortalité hélas plus élevé qu’en avril », a reconnu le Premier ministre, qui prévoit de revenir à son dispositif régional à trois niveaux à partir du 2 décembre.

La pression pesant sur Boris Johnson s’était accentuée depuis l’annonce du reconfinement irlandais puis français, et le durcissement des mesures annoncé cette semaine par l’Allemagne, la Belgique et l’Autriche. Au Royaume-Uni, le Pays de Galles a déjà décidé de reconfiner sa population, jusqu’au 9 novembre au moins. L’Irlande du Nord a de son côté annoncé mi-octobre la fermeture de ses pubs et restaurants pour un mois, ainsi que la prolongation des vacances scolaires.



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