Attaque terroriste à Vienne : l’Europe sous le choc



Publié le 3 nov. 2020 à 12:19Mis à jour le 3 nov. 2020 à 14:10

La fusillade terroriste qui a fait lundi soir dans le centre de Vienne au moins cinq morts et 17 blessés dont 7 dans un état grave a provoqué une onde de choc en Europe. La capitale autrichienne, dont un tiers des habitants à des origines étrangères, faisait depuis près de 40 ans office sur le Vieux Continent d’îlot à l’abri du terrorisme : la dernière attaque sanglante remontait à 1981 lors d’un attentat perpétré par deux Palestiniens contre la synagogue près de laquelle ont commencé les tirs du nouvel attentat.

« Le terrorisme islamiste est notre ennemi commun », « le combat contre ces assassins et leurs instigateurs est notre combat commun », a réagi Angela Merkel depuis Berlin. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz avait auparavant dénoncé une « hideuse attaque terroriste ».

Son ministre de l’Intérieur, Karl Nehammer, a de fait confirmé mardi matin que l’attaquant tué par la police était un sympathisant de l’organisation islamiste IS (Etat islamique). Selon la presse autrichienne, ce Viennois d’origine albanaise aurait une vingtaine d’années et il aurait auparavant tenté de se rendre en Syrie. La police, qui a mené plusieurs perquisitions et arrestations dans son entourage, n’exclut pas qu’il ait été accompagné d’autres agresseurs.

Rester unis face à la barbarie

L’attaque est intervenue dans un quartier connu pour ses nombreux cafés, où se pressaient les Viennois lundi soir à la veille du début du nouveau confinement entrant en vigueur ce mardi. Un signe pour Sebastian Kurz de la volonté de ses auteurs de diviser la population. « C’est une attaque contre notre société libre, contre nous tous », a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse mardi. Une minute de silence a été organisée à midi dans toute l’Autriche et trois jours de deuil national ont été annoncés jusqu’à jeudi pour marquer l’unité du pays.

C’est une lutte entre la civilisation et la barbarie. Nos ennemis sont les extrémistes et les terroristes

Selon Sebastian Kurz, la lutte n’est pas entre religions, c’est « une lutte entre la civilisation et la barbarie. Nos ennemis sont les extrémistes et les terroristes. Vous n’avez pas de place dans notre société », a martelé le chancelier autrichien, promettant de défendre les valeurs d’une société ouverte et de traquer les criminels par tous les moyens.

L’Europe solidaire et déterminée

Epicentre des récentes attaques terroristes, la France a par la voix de son président exprimé sa solidarité dans un tweet en allemand dès lundi soir. « Nous, Français, partageons le choc et la peine du peuple autrichien frappé ce soir par un attentat au coeur de sa capitale, Vienne. Après la France, c’est un pays ami qui est attaqué. C’est notre Europe. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien », écrit Emmanuel Macron.

Une détermination partagée par l’ensemble de la communauté européenne : « Il n’y a pas de place pour la haine et la violence dans notre maison européenne commune », a martelé le Premier ministre italien Giuseppe Conte sur Twitter, en italien et en allemand. « L’Europe condamne avec force cet acte lâche qui viole la vie et nos valeurs humaines », a tweeté à son tour le président du Conseil européen, Charles Michel. « L’Europe est totalement solidaire de l’Autriche. Nous sommes plus forts que la haine et la terreur », a renchéri Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

En Allemagne aussi, le danger du terrorisme islamiste reste inchangé.

Depuis la décapitation du professeur d’histoire-géographie en France , le Vieux Continent est sur le qui-vive. A la suite de l’attaque au couteau qui a fait 3 morts à la basilique Notre-Dame à Nice, le 29 octobre, le ministre allemand de l’Intérieur Seehofer avait exprimé sa préoccupation : « En Allemagne aussi, le danger du terrorisme islamiste reste inchangé », avait-il alors déclaré. L’attaque viennoise a d’ailleurs convaincu Berlin de renforcer ses contrôles à la frontière avec l’Autriche.





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