Berlin mise sur Joe Biden – et croise les doigts



Pour l’Allemagne, dont Trump a fait “l’un de ses ennemis privilégiés”, un deuxième mandat du président serait une mauvaise nouvelle, d’un point de vue diplomatique, climatique et économique. Cela pourrait même encourager les forces centrifuges au sein de l’Union européenne.

Dans un large tour d’horizon des attentes des pays européens à l’heure des élections américaines, la Frankfurter Allgemeine Zeitung ne peut faire qu’un constat : “Même si certains misent sur une réélection de Donald Trump, beaucoup de gouvernements voient en Joe Biden un partenaire plus fiable.” Pour l’Allemagne, la question se pose toutefois quelque peu différemment : “Berlin va-t-il rester l’ennemi favori ?” s’interroge le quotidien de Francfort.

Les Allemands attendent l’issue de la présidentielle “dans une tension particulièrement grande” : bien que les experts en relations internationales tentent depuis longtemps de calmer les attentes liées à une victoire du candidat démocrate, “même les espoirs estompés sont plus précis et plus détaillés que les craintes quasi incalculables” à l’idée d’une victoire du président en exercice. Si cela devait se produire, pronostique le journal conservateur, l’Allemagne devrait se préparer à “de nouvelles accusations et actions de Trump, qui a fait de l’Allemagne l’un de ses ennemis privilégiés”.

Biden, synonyme de réchauffement des relations

Tensions permanentes sur les contributions financières à l’Alliance atlantique et escalade du conflit sur les taxes à l’importation des voitures allemandes seraient potentiellement au programme. L’Allemagne devrait décupler ses efforts pour que l’Union européenne (UE) devienne un acteur majeur non seulement dans son entourage immédiat mais sur la scène internationale. En cas d’issue incertaine du scrutin – qui pousserait les Américains à ne plus se préoccuper que d’eux seuls pendant un temps –, l’UE devrait même “s’efforcer de combler le vide géostratégique” qui en découlerait, estiment certains analystes.

Pour Sigmar Gabriel, ex-ministre des Affaires étrangères et actuel dirigeant de l’organisation atlantiste de Berlin Atlantik-Brücke, une détérioration croissante des relations transatlantiques risquerait en outre de renforcer les forces centrifuges au sein de l’Union européenne. Dans sa grande majorité, la sphère politique berlinoise attend donc de Joe Biden un réchauffement des relations, même si le glissement des équilibres géopolitiques demeure irréversible. Avec Biden, pense-t-on en Allemagne, l’Amérique aurait un président qui a “une attitude positive envers l’Europe, la volonté de lutter contre le réchauffement climatique et [qui adopterait] un ton plus cordial à l’égard de Berlin”.

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Fondée en 1949 et menée par une équipe de cinq directeurs, la FAZ, grand quotidien conservateur et libéral, est un outil de référence dans les milieux d’affaires et intellectuels allemands. Plus de 300 rédacteurs et 40 correspondants à l’

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