Attaque de Vienne : le renseignement autrichien au coeur d’une polémique



Publié le 4 nov. 2020 à 19:05

Après le choc, l’heure est aux explications. Mercredi le ministre de l’Intérieur autrichien a annoncé que les services de renseignement du pays (BVT) avaient été informés par la Slovaquie d’un projet d’achat de munitions par l’auteur de l’attaque qui a fait quatre morts lundi soir à Vienne .

« Au cours des dernières heures, des informations sont apparues, montrant que quelques temps avant l’attaque terroriste, les services secrets slovaques avaient informé le BVT au sujet de l’assaillant. Ils avaient indiqué qu’il voulait se procurer des munitions », a déclaré Karl Nehammer lors d’une conférence de presse.

« Il y a manifestement eu par la suite un problème au niveau de la communication », a-t-il déploré, souhaitant l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante. De son côté, la police slovaque a précisé avoir eu vent de ce projet d’achat, qui a échoué, « au cours de l’été ».

Deux arrestations en Suisse

Présentés comme des amis de l’assaillant, deux Suisses de 18 et 24 ans ont été arrêtés près de Zurich mardi. Ils sont connus des autorités suisses dans le cadre de procédures pénales liées au terrorisme islamique.

Perquisitions

Le ministre a poursuivi en accusant son prédécesseur d’extrême droite d’avoir sérieusement nui par son action aux services de renseignement. « Mon prédécesseur Herbert Kickl a causé des dommages durables, pour ne pas dire qu’il a détruit le BVT (Bureau pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme) », a fustigé Karl Nehammer. Il est « responsable du fait que le BVT a été ébranlé dans ses fondations, il a provoqué une situation dangereuse pour l’Autriche », a-t-il lancé, visiblement remonté.

Herbert Kickl était l’une des figures les plus en vue du parti d’extrême droite FPÖ au sein de la coalition formée avec les conservateurs (ÖVP) du chancelier Sebastian Kurz , entre décembre 2017 et mai 2019. Il avait fait l’objet de vives critiques en 2018 après des perquisitions menées au siège du BVT ainsi qu’au domicile de plusieurs hauts responsables de la structure.

Ordonnée par le parquet financier dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds visant des membres du BVT, la perquisition aurait en réalité abouti à la saisie de documents liés à la lutte contre l’extrémisme de droite, sans rapport avec ce dossier, selon des enquêtes de presse publiées à l’époque. Une partie des perquisitions avaient été déclarées irrégulières par la justice faute d’avoir respecté les procédures légales.

Emmanuel Macron en visite à Vienne lundi

Le président français y rencontrera le chancelier Sebastian Kurz pour évoquer la lutte contre le terrorisme.

Les deux dirigeants vont aborder ensemble les sujets des « combattants djihadistes, la protection des frontières extérieures de l’Europe ainsi que la Turquie », a précisé le gouvernement autrichien.

Source AFP



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