Brexit : malgré l’urgence, la négociation patine



Publié le 4 nov. 2020 à 18:24

La dernière ligne droite mais, toujours, l’attente. En s’exprimant mercredi devant les représentants des Etats-membres à l’issue de six jours d’affilée de pourparlers, Michel Barnier a, de nouveau, fait état d’une négociation sur la relation future avec le Royaume-Uni qui peine à avancer. En dépit de progrès notables sur quelques sujets, le négociateur en chef des Européens n’a pu que constater la persistance de « divergences fondamentales » sur les trois points de blocage centraux : les conditions d’une concurrence équitable, la gouvernance de la future relation et la pêche.

Après un épisode de dramatisation des enjeux, au cours duquel le Royaume-Uni avait menacé de ne pas revenir à la table de négociations, les discussions ont repris , il y a deux semaines. Devant les diplomates en chef des Vingt-Sept, Michel Barnier a donc pu faire état d’avancées sur plusieurs points. Concernant l’avenir du commerce sur les biens et services, les discussions techniques auraient progressé, de même qu’au sujet des transports ou de la coordination future en matière de sécurité sociale. Les enjeux de coopération policière et judiciaire seraient même à peu près résolus. 

Des règles du jeu équilibrées

Mais comme l’explique une source proche des discussions, « la question des conditions de concurrence équitable reste centrale et conditionne la majorité des dossiers techniques en cours de négociation ». Alors que les Européens veulent trouver un moyen de contraindre Londres à ne pas trop s’éloigner, à l’avenir, des règles européennes en matière sociale, environnementale ou d’aides d’Etat, un compromis s’avère extrêmement difficile à trouver sur ce point, Londres refusant de renoncer à sa souveraineté.

« La plupart des tables de négociation butent sur cette question, qui est l’alpha et l’oméga de la relation future », résume la même source. Comment définir l’accès futur des Britanniques au marché européen en matière de transport, d’énergie, de biens et services, tant que rien ne permet de garantir le respect de ces conditions de concurrence équitable ? Des règles du jeu équilibrées, a martelé Michel Barnier mercredi, sont une condition sine qua non du futur partenariat entre Londres et les Vingt-Sept. 

La pêche, pomme de discorde

Moins transversale, mais plus sensible politiquement , la question de la pêche continue, elle aussi, d’opposer les deux équipes de négociateurs. Là où les Européens cherchent à préserver un accès stable aux eaux britanniques, aucun compromis ne se dessine à ce stade. 

Pour le négociateur européen, il est donc essentiel d’être prêts à tous les scénarios, y compris celui d’un échec des pourparlers. Mais à ce stade, il est trop tôt pour se prononcer sur l’issue de la négociation. Trop tôt aussi pour transférer une négociation encore très technique aux derniers arbitrages des responsables politiques . Alors que les discussions doivent reprendre la semaine prochaine à Londres, aucun des deux camps ne semble vouloir céder à la pression du temps. Le Royaume-Uni, analysent les négociateurs européens, espère un grand marchandage final entre les différents dossiers de la négociation, lorsque chacun aura conscience que la dernière heure aura véritablement sonné. Ce qui, à l’évidence, n’est pas encore tout à fait le cas.



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