À Vienne, les trois héros du 2 novembre



Une lumière dans la nuit de terreur qu’a connue, en ce début de semaine, la capitale autrichienne : trois jeunes, tous issus de l’immigration, sont portés aux nues pour avoir fait fi de la peur et volé au secours de personnes en danger.

Quatre morts, vingt-trois blessés dont certains grièvement, l’attentat survenu dans le centre-ville de Vienne, le 2 novembre, et revendiqué le lendemain par Daech a laissé la capitale autrichienne en état de choc. Perpétrée par l’islamiste Kujtim F., né en Autriche et porteur de la double nationalité autrichienne et nord-macédonienne, la fusillade a aussi fait surgir de l’anonymat “trois héros”, relate Kurier.

Mikail Özen (25 ans) et Recep Tayyip Gültekin (21 ans), deux jeunes hommes d’origine turque, adeptes des sports de combat, n’ont pas hésité un instant pour venir en aide à une femme au sol, puis mettre à l’abri des tirs une dame âgée, inconsciente du danger. Enfin, ils ont porté aide au policier grièvement blessé – auquel Osama Joda, un jeune Palestinien de 23 ans, avait déjà donné les premiers secours – avant de le transporter à trois vers une ambulance. Touché par un tir de l’assaillant, Gültekin souffre d’une blessure légère.

“Nous exécrons toute forme de terrorisme”

Glorifiés sur les réseaux sociaux, les trois jeunes, issus de l’immigration, ont aussi fait l’objet de propos reconnaissants de la part du ministre de l’Intérieur, Karl Nehammer, dans sa conférence de presse du 4 novembre. Les deux hommes d’origine turque ont reçu un appel du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Sur une vidéo devenue virale, que diffuse également Der Standard, Mikail Özen souligne, après avoir décrit les faits : “Nous, d’origine turque, musulmans, nous exécrons toute forme de terrorisme. Nous respectons l’Autriche, nous respectons Vienne. Quel que soit le moment, nous sommes prêts à apporter notre aide.”

Contrairement à Özen et Gültekin, qui venaient simplement boire un café avant que ne tombe le couvre-feu sur Vienne, Osama Joda travaillait au McDonald’s situé sur les lieux de la fusillade. Ce jeune Palestinien n’est pas un inconnu en Autriche, rappelle Kurier : il y a un an, une vive polémique avait eu lieu lorsqu’un maire de Basse-Autriche avait refusé que ses parents, musulmans, achètent une maison dans sa localité. L’affaire avait finalement été tranchée devant les tribunaux, en faveur de la famille.

Danièle Renon





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