Afrique: L’innovation et la numérisation – Eléments essentiels du développement de l’agriculture en Europe et en Asie centrale


Tashkent/Budapest/Rome — La FAO, l’UIT et d’autres acteurs insistent sur la nécessité des politiques et des mesures novatrices pour l’agriculture

Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. QU Dongyu, le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT), M. Houlin Zhao, ainsi que des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, de la société civile, de jeunes agriculteurs et du secteur privé d’Europe et d’Asie centrale ont aujourd’hui plaidé avec force pour l’exploitation des innovations et des technologies numériques dans le domaine de l’agriculture.

Ils ont qualifié l’innovation et les technologies numériques d’essentielles pour le renforcement des moyens d’existence des petits exploitants, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la nutrition et le renforcement de la résilience face au changement climatique dans la région, lors d’une manifestation spéciale organisée en ligne sur le thème de l’innovation et de la numérisation dans le cadre de la trente-deuxième session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Europe, qui s’est achevée aujourd’hui.

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général de la FAO a encouragé les Membres de la région à généraliser l’adoption des nouvelles technologies, dont les technologies numériques et les biotechnologies.

M. QU a souligné que l’innovation englobait aussi «l’innovation dans l’action publique et les modèles d’entreprise relatifs aux systèmes agroalimentaires». Il a insisté sur le fait que l’Europe et l’Asie centrale composaient une région «d’une importance particulière pour la FAO et la transformation du monde agricole à l’échelle mondiale».

Le secrétaire général de l’UIT, M. Houlin Zhao, a déclaré quant à lui que l’UIT était «déterminée à faire de la révolution numérique une révolution du développement», notamment en aidant les agriculteurs à tirer parti pleinement des nouvelles technologies que représentent la 5G et l’intelligence artificielle, afin de pouvoir augmenter leur production alimentaire tout en respectant l’environnement.

Il a aussi souligné que les infrastructures, les investissements, l’innovation et l’intégration étaient essentiels à tous les petits exploitants agricoles pour bénéficier des technologies de l’information et de la communication (TIC), qui sont hors d’atteinte ou trop coûteuses dans de nombreuses zones rurales.

La FAO et l’UIT ont publié au début de l’année une étude sur la situation de l’agriculture numérique dans 18 pays d’Europe et d’Asie centrale, selon laquelle la plupart des pays analysés n’avaient pas encore mis en œuvre de stratégie nationale d’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour le secteur agricole.

Comment stimuler l’innovation et la numérisation en Europe et en Asie centrale

Le Ministre turc de l’agriculture et des forêts, M. Bekir Pakdemirli, a fourni des exemples concrets de modalités d’application de solutions novatrices et d’outils numériques dans le domaine de l’agriculture de son pays, tout en reconnaissant qu’en matière d’adoption de la numérisation, le secteur agricole accusait un retard par rapport à d’autres.

Parmi les solutions adoptées en Turquie, il a mentionné le marché agricole numérisé qui embrasse l’ensemble de la filière alimentaire. Le marché numérisé en chaînes de blocs, qui rapproche acheteurs et vendeurs, fournit des services de financement, d’assurance et de transport. Il aussi évoqué l’exemple d’une académie d’apprentissage en ligne qui propose aux agriculteurs des formations sur quelque 200 sujets relevant de nombreux domaines de l’alimentation et de l’agriculture.

La Turquie élabore aussi une stratégie nationale de cyber-agriculture pour 2020-2025, avec le soutien de la FAO, a ajouté le ministre.

Mme Doris Marquardt, chargée de programme à la Direction générale de l’agriculture et du développement rural de la Commission européenne, a souligné qu’il convenait de créer un environnement propice à l’essor de la numérisation dans le domaine de l’agriculture, allant du renforcement des capacités de haut débit, et de l’acquisition de compétences numériques, au rapprochement entre les chercheurs et les utilisateurs en bout de chaîne.

S’exprimant au nom du secteur privé d’Ouzbékistan, M. Murod Khusanov a mis en exergue une jeune génération d’entreprises innovantes, représentée par les plateformes de partage de machines agricoles, et a cité à cet égard la plateforme numérique Agromart, qui propose une gamme de services et d’informations, dont des bulletins d’information sur le marché des principaux produits, ainsi que des consultations et des formations en ligne gratuites destinées aux agriculteurs ouzbeks.

M. Andrea Ferrante, Coordonnateur de Schola Campesina APS, qui représentait la société civile et les petits exploitants agricoles, a souligné la nécessité d’une innovation et d’une intégration sociales du numérique et d’une bonne réglementation de l’innovation numérique. Sur ce point, il a indiqué qu’il convenait de disposer de règles qui protègent les droits des agriculteurs relatifs aux données, afin d’éviter que d’autres ne s’accaparent ces dernières.

M. Jannes Maes, président du Conseil européen des jeunes agriculteurs, a fait remarquer que les jeunes avaient la capacité d’utiliser les produits et les services numériques lorsque ceux-ci étaient abordables.

Il a également évoqué la valeur des technologies numériques pour les jeunes agriculteurs, notamment les systèmes d’alerte précoce sur les maladies animales, l’apport d’informations précieuses sur le marché et l’accès à la communication, qui donnent aux jeunes la possibilité d’exercer dans des zones rurales éloignées tout en restant connectés avec le reste du monde.

Ne laisser personne de côté à l’ère du numérique

Pour conclure, l’Économiste en chef de la FAO, M. Maximo Torero, a évoqué plusieurs solutions novatrices mises en place par la FAO, qui visent à redoubler d’efforts dans la lutte contre la faim et la pauvreté. L’initiative Main dans la main, qui se fonde sur des éléments factuels, vise à accélérer la transformation de l’agriculture et le développement rural durable, notamment en déployant des outils complexes comme la modélisation et l’analyse géospatiale avancées.

Le laboratoire de données pour l’innovation statistiqueexploite notamment l’intelligence artificielle pour fournir de nouvelles sources de données qui peuvent permettre, par exemple, de mesurer rapidement les pertes vivrières ou la dégradation des terres. La Plateforme géospatiale Main dans la main rassemble des milliers de séries statistiques – émanant de la FAO et de ses partenaires – sur la sécurité alimentaire, les cultures, les sols, les terres, l’eau, le climat, la pêche, l’élevage et les forêts. Parmi ses nombreux usages, cette plateforme fournit des informations indispensables à la surveillance des systèmes agricoles mis en péril par la pression anthropique sur les terres et l’eau, ou pour analyser des courbes de données climatiques.

Les outils Main dans la main sont essentiels pour approfondir les connaissances et en déduire les domaines où les investissements dans l’agriculture sont les plus nécessaires.



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