À Rotterdam, un professeur menacé pour “blasphème” décide de se cacher



La police néerlandaise a arrêté, ce 6 novembre, une jeune femme de 18 ans, soupçonnée d’avoir publié un message d’incitation à la violence à l’encontre d’un professeur d’un lycée de Rotterdam. Au cours des derniers jours, plusieurs élèves s’étaient offusqués de la présence dans sa salle de classe d’une caricature. L’affaire prend beaucoup d’ampleur.
 

Un homme décapité, au tee-shirt à l’inscription “Charlie Hebdo”, tirant la langue à son bourreau islamiste. Datant de 2015, cette caricature du dessinateur néerlandais Joep Bertrams est à l’origine d’une importante polémique, qui a vu le jour à l’Emmauscollege, un lycée de Rotterdam, comme le rapportent plusieurs médias néerlandais.

Lundi 2 novembre, plusieurs écoles néerlandaises, dont cet établissement, rendaient hommage à Samuel Paty, le professeur français victime de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

Un professeur du lycée de Rotterdam a eu une discussion avec plusieurs élèves qui estiment que la caricature devrait être retirée d’un tableau d’affichage de sa classe. “Cela faisait déjà cinq ans que la caricature était accrochée dans son local, écrit, sur son site, la télévision privée RTL. Mais cette semaine, quelques élèves musulmans s’en sont offusqués. Ils pensaient que l’homme barbu représenté était le prophète Mahomet.”

Selon les élèves, leur enseignant s’est rendu coupable de “blasphème”. S’en est suivi la publication du tableau d’affichage et de la caricature en question sur Instagram. En réaction, le professeur du lycée de Rotterdam a reçu de nombreuses réactions de colère et des menaces. Face à la gravité de certaines d’entre elles, il a fini par devoir se cacher, comme le rapporte le quotidien NRC.

Une situation qui exaspère l’auteur de la caricature, Joep Bertrams. Dans une interview accordée au journal Trouw, il s’étonne des réactions des élèves de l’Emmauscollege. “Ce n’est vraiment pas possible. C’est ridicule, dit-il. C’est un djihadiste qui a fait ça. Comment aurais-je dû le dessiner ? Avec un chapeau haut de forme ?”

Plusieurs responsables politiques ont apporté leur soutien au professeur, comme l’indique notamment le site d’information Nu.nl. Et ce vendredi 6 novembre, l’émotion était toujours grande dans le pays après la nouvelle de l’agression de journalistes par des élèves devant le lycée de Rotterdam, rapporte l’Algemeen Dagblad.

Antoine Mouteau





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