Afrique: Coopération – Que peut attendre le contienet de Biden ?


L’Afrique, absente des débats lors de la présidentielle aux Etats-Unis, peut-elle espérer un nouveau départ avec la victoire de Joe Biden ?

De grands changements ne sont pas attendus dans les relations bilatérales, mais sur le plan multilatéral, le retour annoncé des États-Unis dans les organismes internationaux dont l’Oms et les enjeux sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme, suscitent l’espoir d’une normalisation.

La défaite de Donald Trump face à Joe Biden a été accueillie avec enthousiasme en Afrique. Comme en atteste les messages sur les réseaux sociaux.

Tant du côté des citoyens ordinaires que des officiels. Joe Biden suscite soulagement et espoir. Va-t-on vers une nouvelle ère dans les relations entre les Etats-Unis et l’Afrique ?

« Je ne m’attends pas à de grands changements dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique avec l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden », tranche Dame Babou, journaliste spécialiste des questions américaines.

Selon l’ancien correspondant de la radio privée Sud Fm aux États-Unis, la politique étrangère n’a pas représenté un élément central dans les débats lors de la campagne électorale. « Joe Biden et Donald Trump n’ont pas mentionné le nom de l’Afrique lors de la campagne électorale », explique-t-il.

Ce manque d’intérêt trouve ses origines dans la place du continent dans l’économie mondiale, l’Afrique ne pèse que 3 % dans les échanges internationaux. Pourtant elle regorge de ressources naturelles, particulièrement le pétrole.

Les pays bénéficiaires de ce don de la nature se font de l’argent. Mais, il y a un hic, selon Dame Babou, car la transformation de ces ressources revient à des entreprises occidentales qui y gagnent plus.

« Ces multinationales établissent elles-mêmes leurs relations d’affaires dans le continent. Leur présence en Afrique ne se fait pas sous la coupe de l’administration américaine », explique-t-il.

Cependant, les enjeux sécuritaires peuvent expliquer un renforcement des relations entre l’Afrique et les Etats-Unis. « Les questions sécuritaires se posent en termes de forces transfuges. L’Occident a plus peur du terrorisme qu’une confrontation avec une armée russe.

L’Afrique représente le ventre mou du terrorisme, notamment en ce qui concerne le financement, le recrutement et la planification des actions », souligne M. Babou.

Du coup, la nouvelle administration Biden pourrait poursuivre les efforts d’accompagnement des forces armées du continent pour faire face à la menace terroriste.

Visites en Afrique

Cependant, la probable révision de la politique multilatérale des Etats-Unis est porteuse d’espoir. « Avec l’élection de Joe Biden, l’Amérique va retourner dans le multilatéralisme. On peut avoir des changements. Il y aura, peut-être, un retour dans les organismes multilatéraux comme l’Oms.

La majeure partie des questions traitées par l’Oms concerne l’Afrique », souligne le journaliste. « L’administration Trump avait relégué au second plan les actions du Conseil de sécurité. Avec la normalisation, les Etats-Unis vont reprendre leur place de choix dans les instances internationales », ajoute-t-il.

S’agissant du Sénégal, Dame Babou dit ne pas attendre de grands changements. « Le premier Compact du Sénégal s’élevait à 540 millions de dollars et le deuxième est déjà signé. Je ne vois pas le Gouvernement Biden revenir sur ces décisions », explique-t-il.

Mais, le Sénégal peut attendre mieux. Il a été l’hôte des Présidents Obama (44e), George W. Bush (43e) et Bill Clinton (42e).

D’autres pays africains ont eu à accueillir des Présidents américains, mais Donald Trump n’a pas foulé le sol du continent.

L’espoir de voir Biden visiter l’Afrique anime sans doute le continent et ses dirigeants. Ces déplacements sont une marque de considération. Dakar déroulerait certainement le tapis rouge avec plaisir au 46e locataire de la Maison-Blanche.



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