Algérie: Pétrole – Adopter un prix référentiel à 40 dollars le baril manque de vision prospective


Alger — L’élaboration du projet de loi de finances pour l’exercice 2021 (PLF 2021) sur la base d’un prix référentiel du baril de pétrole à 40 dollars est une démarche qui manque de vision prospective de la situation économique, au vu de l’instabilité et des fluctuations du marché mondial du pétrole, fortement impacté par les répercussions de la crise sanitaire, ont estimé mercredi des membres de l’Assemblée nationale populaire (APN).

Lors d’une plénière de l’APN consacrée au débat des dispositions de ce projet de loi en présence du ministre des Finances Aymane Benabderrahmane et de membres du gouvernement, des députés ont indiqué que l’élaboration de cette loi sur la base d’un prix référentiel à 40 dollars le baril de pétrole n’était « pas raisonnable » et manquait de vision prospective qui prévoit tous les scénarios possibles pour le marché mondial du pétrole, dans un contexte marqué par la volatilité des prix, depuis le début de la crise sanitaire en décembre 2019.

Concernant le déficit budgétaire estimé à 2.784 milliards de Da, elle s’est interrogée sur les mécanismes que le gouvernement entend adopter pour le combler.

Quant à l’amélioration du recouvrement fiscal, Mme. Malek a fait état de 22 articles contenus dans ce projet de loi relatifs à l’élargissement de l’assiette fiscale, estimant qu’il n’y a réellement que neuf articles liés aux procédures d’élargissement de l’assiette fiscale, tandis que le reste concerne l’augmentation des taux d’imposition déjà appliqués.

Elle a relevé que le salarié et le simple ouvrier sont toujours la principale source des recettes fiscales ordinaires, devançant celles de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS).

Pour sa part, la député Zina Ikhlef (groupe indépendants) a appelé à la révision de la grille des exonérations fiscales et douanières dont bénéficient les opérateurs économiques, soulignant que ces mesures incitatives demeurent sans utilité, si les opérateurs économiques ne contribuent pas à la réalisation de la valeur ajoutée au profit de l’économie nationale. Elle a également plaidé pour la récupération, sans délai, des fonds détournés et le recouvrement, par tous les moyens possibles, des impôts auprès des fortunés et hommes d’affaires.

De son côté, le député Chelghoum Hicham (RND) a mis en garde contre les retombées de la dévaluation du dinar par rapport au dollar américain, induisant inéluctablement une hausse du taux d’inflation et mettant le pouvoir d’achat du citoyen à rude épreuve.

Evoquant la situation du secteur de la santé, l’une des premières priorités du pays, certains députés ont appelé à consacrer des enveloppes supplémentaires pour l’amélioration des prestations de services et la garantie d’une meilleure prise en charge des malades.

A ce propos, le député Omar Mehsas (FLN) a mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions urgentes à la crise sanitaire que vit le pays, en raison de la pandémie de Covid-19, de relancer les projets gelés dans ce domaine, d’améliorer la qualité des services et de créer des postes d’emploi au profit des cadres de la santé pour répondre aux besoins du secteur.

La séance de l’après-midi du débat du PLF 2021 sera consacrée aux interventions des présidents des groupes parlementaires et à la réponse du ministre des finances aux questions et interrogations des membres de la chambre basse.



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