Burkina Faso: Rivière électorale – Et s’ils se disaient « nakupenda » en swahili ?


Le swahili, langue de travail de l’Union Africaine, est également la langue officielle de la Communauté des pays d’Afrique de l’Est qui regroupe le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Il est également une des langues officielles de la SADC ou Communauté de Développement Economique de l’Afrique australe.

Il est présent dans les publications des grandes institutions internationales (organismes onusiens, diverses ONG… ), et diffusé sur les antennes des chaînes mondiales d’information (RFI, BBC, Voix de l’Amérique, Deutsche Welle, Pars Today, Radio Chine Internationale… ).

Pendant la campagne électorale que nous vivons et ce, jusqu’au 21 novembre prochain cette langue s’est invitée dans les joutes.

Simon Compaoré, président du parti au pouvoir, a été le premier à donner le ton en assurant qu’au regard de la mobilisation autour de leur champion, Roch Marc Christian Kaboré, il n’y a aucun souci par rapport à sa réélection. Il a ainsi utilisé l’expression swahilie « Hakuna matata  » signifiant il n’y a pas de problème .

Le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès, Eddie Komboïgo, n’a pas manqué de répliquer lors de son meeting à Nouna : « Koun chida » pour dire en substance qu’il y a problème.

Et si chaque candidat disait « nakupenda », qui veut dire je t’aime? On est sûr qu’il n’y aurait aucun problème pour la bonne tenue du scrutin. Les mélomanes qui frédonnent le malaika de Miriam Makeba ont dû mémoriser ce mot.

Un instituteur militant du MPP victime d’accident

En mission de conquête de l’électorat pour le compte de son parti, le MPP, Moussa Sawadogo, un jeune instituteur en service dans une école primaire d’un village de la commune de Kaya, a été victime d’accident dans la matinée du lundi 09 novembre 2020 sur l’axe Kaya-Mané.

Le mauvais état de la voie serait la cause de l’accident du jeune instituteur qui était juché sur sa moto. Evacué d’urgence au Centre hospitalier régional de Kaya par une équipe de secouristes de la brigade nationale des sapeurs-pompiers basée dans la localité, l’instituteur a été par la suite transféré dans une formation sanitaire de la capitale, Ouagadougou. Selon nos informations, l’enseignant engagé du MPP souffre d’une fracture à la cheville et devrait subir une intervention.

Les koglweogo beaucoup sollicités

Cette campagne électorale se déroule dans un contexte d’insécurité marqué par des attaques terroristes dans certaines localités du pays.

Les forces de défense et de sécurité ne pouvant pas couvrir tous les villages des zones concernées par ces élections couplées, présidentielle et législatives, certains organisateurs des rencontres et meetings politiques sollicitent les services des groupes d’auto-défense couramment appelés « koglwéogo ».

En plus du maintien de l’ordre, ceux-ci sont chargés de sécuriser les lieux de regroupements politiques qui grouillent souvent de monde.

« Ça n’engage que celui qui y croit »

On est coutumier des promesses surréalistes des hommes politiques qui rivalisent d’ingéniosité pour faire avaler aux électeurs ce qu’eux-mêmes n’oseront croire.

Après les tunnels sous-terrains de Zéphirin Diabré pour servir de vases communicants aux trois grands cours d’eau du pays avec, en sus, un méga tunnel pour amener la mer au Pays des hommes Intègres, c’est un panneau publicitaire électoral du candidat de Vision, Do Pascal Sessouma, qui fait sourire à Koudougou. Sur ledit panneau, notre ancien collègue promet de faire de Koudougou la capitale du Burkina Faso pendant … 12 mois.

Youpi ! serait-on tenté de crier dans la ville de Norbert Zongo. On est d’autant plus sceptique que la même affiche en faveur de Bobo existe dans la ville de Sya. A moins que, par principe d’équité, notre ancien journaliste entende ériger, tous les douze ans, chaque chef-lieu de province en capitale politique.

Une sorte de capitale tournante quoi ! On a coutume de dire que promesse de politicien n’engage que celui qui y croit. Certaines personnes conseillent de croire plutôt à Papa Noël. En la matière, aucun parti ne peut jeter la pierre à l’autre, car tous se laissent aller à fond.

Le professeur Soma et les passagers du « Dina »

Après notamment les marchés de Ouaga, le candidat de Soleil d’avenir, Abdoulaye Soma, a mis le cap sur d’autres localités du pays à la pêche aux voix. Visiblement il ne rate aucune occasion, comme le montre une photo abondamment commentée sur les réseaux sociaux.

En effet on y voit le candidat debout dans son véhicule comme dans un bain de foule, la main levée en signe de salutation.

Mais dans le cliché on ne voit pas de spectateurs, mais un car « Dina » que son véhicule est en train de dépasser. Ce qui nous fait dire qu’il s’adresse aux occupants du mini car. Tous les moyens sont donc bons pour se faire entendre.

Mur du lycée communal de Fada comme des choux gras

Sous cette même rubrique, nous le soulignions hier, une partie du mur du terrain de sport du lycée communal Diaba Lompo de Fada N’Gourma a été détruite pendant le meeting du MPP le samedi 7 novembre 2020.

Ce qui a engendré un mouvement d’humeur de 48 heures des élèves de cet établissement pour exiger la réhabilitation de l’infrastructure.

Ce fait continue d’engendrer la polémique dans la cité de Yendabli sans qu’on sache exactement dans quelle circonstance le mur a été endommagé. Ce qui est sûr, les adversaires du parti au pouvoir en font leurs choux gras.



allafrica

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