Cameroun: Benjamin Beyeck  » Rendre les footballeurs compétitifs en prélude au CHAN dans moins de deux mois »


Dans un entretien accordé à Camer.be, ce 11 novembre, le secrétaire général de la Ligue de football professionnel explique en langage facile, la crise que le football camerounais traverse actuellement.

La Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) a lancé le championnat le 1er novembre dernier au stade Ahmadou Ahidjo. Le match d’ouverture opposait Panthère du Ndé 0 à Coton sport de Garoua 2. Depuis lors, plus rien. Les matchs programmés ne se jouent pas. Qu’est ce qui fait problème et comment vous vous occupez pendant ce temps ?

Je voudrais d’abord vous faire savoir que la date du 31 octobre comme date de début du championnat avait été fixée lors d’une réunion tripartite Gouvernement-Ligue-Fecafoot. Il faut souligner que le gouvernement était représenté à cette réunion à son plus haut niveau. Vous comprendrez donc que la Lfpc ait tout fait pour tenir ce rendez-vous. Toutes les dispositions administratives et techniques avaient été prises par la Ligue ; pour ce qui est des dispositions dépendant de la tutelle fédérale, des correspondances avaient été envoyées largement à l’avance, pour avoir notamment les licences des joueurs et la désignation des arbitres pour les trois premières journées, comme il est d’usage dans notre organisation.

Jusqu’à la veille du match qui avait été reporté au lendemain pour la raison que l’on sait, nous n’avions encore reçu aucune réponse de la Fecafoot et ce jusqu’à ce jour. C’est ce qui explique le recours aux arbitres internationaux venus de la Guinée Equatoriale. Vous comprenez donc que la logique de refuser de mettre les arbitres à la disposition de la Ligue est maintenue envers et contre tout. Quant à savoir comment nous occupons notre temps, j’aime autant vous dire que nous avons rarement été aussi occupés à la Ligue que maintenant. Autant nous assurons normalement nos activités de programmation des rencontres, car il ne faudrait surtout pas que la défaillance vienne de nous, autant nous devons travailler d’arrache-pied pour déconstruire les contre-vérités diffusées partout contre la Ligue, et cela n’est pas une sinécure. C’est vous dire que nous ne chômons pas…

Vous avez reçu une subvention du gouvernement et qui a mis à votre disposition des stades pour l’organisation des rencontres du championnat. La fédération estime que vous n’avez plus cette compétence. N’avez-vous pas le sentiment d’être entre le marteau et l’enclume ?

Il faut dire que l’Etat connait non seulement la valeur d’une sentence arbitrale de ce niveau, mais aussi sait où se trouve la vérité depuis le début de cette affaire le 22 août 2019. Ce n’est donc pas par amour inconsidéré pour la Ligue et ses dirigeants que l’Etat accorde toutes ces facilités à la Ligue. Les lois sont faites pour être respectées et la Ligue se sent confortable dans la situation actuelle. Elle n’est donc pas entre le marteau et l’enclume. Elle est plutôt du côté de la vérité.

Jusqu’où peut aller la Lfpc après la sentence du Tribunal arbitral de sports (Tas) en sa faveur ?

La Lfpc est déjà là où elle doit être, car elle est en possession de la sentence rendue en sa faveur ; cette sentence sera exécutée, malgré les réticences des uns et des autres. Permettez-moi de vous lire la mention qui est apposée sur l’exéquatur que la Ligue a obtenue du président du Tribunal de Première instance de Yaoundé-Centre administratif : « En conséquence, le président de la République mande et ordonne à tous les Huissiers et agents d’exécution sur ce requis de mettre ce jugement à exécution aux procureurs généraux et aux procureurs près les tribunaux de Première instance d’y tenir la main à tout Commandant et Officier de la Force publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront requis ». Cela a le mérite d’être clair. C’est vous dire que l’application de cette sentence est inéluctable…

L’on dit que votre mandat court encore pour quelques mois et vous organiserez l’Assemblée générale ordinaire pour élire un nouveau bureau de la Lfpc. Auriez-vous un temps additionnel du fait de ce temps mort ?

La préoccupation actuelle des dirigeants de la Lfpc en tête desquels le Général Pierre Semengue, n’est pas de savoir combien de temps il leur reste pour l’échéance de leur mandat. La priorité c’est l’organisation des compétitions pour servir du spectacle sportif au public camerounais qui en est sevré depuis trop longtemps déjà, mais surtout remettre au travail les jeunes qui ont fait le choix de se consacrer à ce métier et en vivre. Il est enfin question de donner du rythme aux footballeurs camerounais, de les rendre suffisamment compétitifs, en prélude au Championnat d’Afrique des Nations (Chan) que notre pays abritera dans moins de deux mois déjà. Il est dommage que cette préoccupation ne soit pas partagée par tous, hélas…



allafrica

A lire aussi

Laisser un commentaire