Le PPRD réplique à l’UDPS : « proférer des menaces sur l’intégrité physique du ministre des finances est punissable par la loi »


Le Parti du Peuple pour la reconstruction et la Démocratie (PPRD) a répliqué aux dires du secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Augustin Kabuya a, au cours d’une matinée politique, mardi au siège du parti, mis en garde les membres de la famille politique de Joseph Kabila, dénonçant un présumé complot du ministre des finances qui bloque, selon lui, la paie des forces de sécurité et des fonctionnaires afin d’opposer ces derniers au Chef de l’Etat.

Le PPRD qualifie de « populisme » les propos du SG de l’UDPS qui sont, selon ce parti, punissable par la loi.

« Augustin Kabuya fait des déclarations n’allant pas dans le sens de la préservation de la paix sociale, c’est du populisme! Proférer des menaces sur l’intégrité physique du Ministre des finances, Sele Yalaghuli est punissable par la loi », a déclaré le PPRD sur son compte twitter.

Augustin Kabuya a menacé d’exil les membres du FCC.

« Aujourd’hui vous vous organisez avec le ministre des finances pour ne pas sortir l’argent afin de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’Etat. Comme ils ont essayé, nous sommes prêts pour répondre et certains d’eux vont prendre le chemin d’exil. Nous n’allons pas nous laisser faire », avait-il déclaré devant les militants de l’UDPS.

Cette situation est née d’une lettre de l’inspection générale des finances (IGF) Alingete Key, datée du 6 novembre 2020  adressée au président de la République avec en ampliation le ministre des Finances, avec pour objet « situation préoccupante des finances publiques ». Dans cette correspondance, le patron de l’IGF attirait l’attention du Chef de l’Etat sur le non-paiement des rémunérations du personnel pris en charge par le Budget de l’Etat jusqu’en date du 5 novembre 2020 d’un reliquat de l’ordre de 185.252.167.057 CDF sur une enveloppe totale de 421.220.880.894 CDF alors que les recettes collectées en octobre ont été à hauteur de 576.187.234.508,83 CDF. Selon Alingete, il se dégage une augmentation inquiétante des dépenses hors rémunérations alors que depuis trois mois les recettes sont constantes.

Des accusations que le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, a balayées dans une lettre au Chef de l’Etat le lendemain. Dans son courrier, il a relevé plusieurs « déficiences et contre-vérités » de la lettre de l’Inspecteur général chef des services de l’IGF. Pour Sele Yalaghuli, contrairement aux affirmations d’Alingete Key, en ce qui concerne la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat, elle est couverte chaque mois à raison de trois quarts et le reste, le mois suivant. Ainsi, à fin septembre 2020, toutes les paies des agents et fonctionnaires de l’Etat ont été effectuées. Et que la paie du mois d’octobre, notamment la queue de 185 milliards CDF, sera complètement exécutée au plus tard le 15 novembre 2020.

« Ce chevauchement de la paie entre deux mois résulte , d’une part, de la modicité des recettes (en moyenne mensuelle CDF 544 milliards) et, d’autre part, de l’importance des dépenses contraignantes et non discrétionnaires (en moyenne mensuelle 640 milliards, et ce sans prise en compte d’autres dépenses d’environ CDF 100 milliards) », expliquait Sele Yalaghuli tout en précisant que les dépenses contraignantes ce sont les rémunérations (CDF 420 milliards) et les dépenses de souveraineté, humanitaires et du services de la dette (CDF 220 milliards).

Fonseca MANSIANGA



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