Adolphe Muzito organise ses propres consultations



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En République démocratique du Congo (RDC), alors que l’UDPS [Union pour la démocratie et le progrès social] défilait, l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito organisait avec son mouvement « Nouvel élan » du Lamuka, ses propres consultations dites « verticales » le 14 novembre.

Comme Martin Fayulu, mais à la différence de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, eux-aussi membre de la coalition, Adolphe Muzito n’a pas rencontré le président Félix Tshisekedi dont il refuse toujours de reconnaître la légitimité. Il assure ne pas avoir été invité par le chef de l’État, et que l’essentiel pour lui et la mise en place d’un cadre « neutre » pour discuter de réformes devant mener à des élections anticipées dans le pays.

« Nous n’avons pas la même analyse, le même diagnostic de la crise ni la même thérapeutique, déclare-t-il au micro de RFI. Le problème du pays est un problème de légitimité. Les institutions et leurs animateurs sont illégitimes. On ne peut pas résoudre les problèmes d’illégitimité par celui qui l’a créé. Pour nous, il est partie prenante dans la crise. Donc, par conséquent, la solution avec lui doit se faire dans un cadre neutre en allant vers les élections ».

« Mais nous voulons nous mettre d’accord sur les réformes institutionnelles préalables à ces élections, ajoute Adolphe Muzito. Donc, nous demandons qu’on mette en place une structure paritaire où nous discutons de manière consensuelle pour faire des réformes en rapport avec la Céni [Commission électorale], en rapport avec la Cour constitutionnelle, en rapport avec la loi électorale pour que, sur cette base-là, nous puissions aller aux élections que nous souhaitons anticiper. Mais dans la pratique, on verra si les réformes pourront prendre beaucoup plus de temps. Il faut des fonds pour organiser les élections. C’est cela qui va déterminer la date ».

Des consultations conformes à la Constitution pour le CCU

De son côté, Lambert Mende Omalanga, ancien porte-parole du régime Kabila, juge les consultations du président Félix Antoine Tshisekedi conformes à la Constitution. Le président du parti politique Convention des Congolais unis (CCU) s’exprimait le 14 novembre devant ses partisans. Il reconnaît à la République le droit de consulter les citoyens.

Le problème pour le FCC [Front commun pour le Congo], explique Lambert Mende, n’a jamais été de contester au numéro un des Congolais son droit ou son devoir d’entreprendre des actions en lien avec le rôle de symbole de l’unité nationale et d’arbitre du fonctionnement régulier des pouvoirs, des institutions et de la continuité de l’État que lui reconnaît l’article 69 de la Constitution.

« Nous sommes assez préoccupés de n’avoir pas été informés alors que nous sommes la majorité parlementaire, en coalition avec l’institution président de la République, déclare Lambert Mende Omalanga. Nous n’avons pas été informés ni des intentions ni de cette initiative majeure prise par le président avec lequel nous devons, en notre qualité de majorité parlementaire d’où est issu le gouvernement, la charge de nous concerter pour définir la politique de la nation puisque tel est le prescrit de l’article 91 de la Constitution. Pour le reste, nous avions, nous aussi, le droit à la majorité parlementaire d’évaluer notre propre état d’avancement depuis que nous avons pris la tête du gouvernement et du Parlement depuis la fin des élections de décembre 2018 ».

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rfi

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