Budapest bloque le budget et le plan de relance européens, un pied de nez anti-Bruxelles



Budapest refuse que le respect de l’État de droit conditionne le versement de fonds structurels européens. Alors que le pays souffre particulièrement des conséquences économiques de la deuxième vague de Covid-19, ce blocage envenime les rapports déjà tendus avec Bruxelles et fait la une des médias locaux.

La Hongrie met son véto au budget 2021-2027 ainsi qu’au plan de relance de 750 milliards d’euros censé atténuer les effets de la crise engendrée par le coronavirus, grippant la mécanique enclenchée depuis le sommet extraordinaire de la mi-juillet. Budapest, comme Varsovie, refuse le mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l’État de droit. Dix jours avant le véto hongrois, la presse propouvoir magyare dénonçait un “chantage” après la validation d’un accord provisoire liant les subsides de Bruxelles à ce principe.

“Du point de vue des deux gouvernements, le conflit actuel n’est pas une question d’argent ou de définitions, mais d’identité et de souveraineté nationale. Pour eux, lâcher prise ébrécherait l’autonomie des États membres”, écrit l’ancien commissaire européen Tibor Navracsics dans une tribune publiée sur Index. Dans l’après-midi du lundi 16 novembre, les ambassadeurs de l’UE ont adopté à la majorité qualifiée l’incorporation du mécanisme sur l’État de droit au sein du prochain budget septennal. “Ce vote n’était pas définitif et avait valeur de test car le dernier mot revient aux ministres des États membres”, précise le site 444.

Selon la ministre de la Justice, Judit Varga, citée par le quotidien conservateur Magyar Hírlap, la responsabilité de ce blocage “incombe à ceux qui ont laissé les débats idéologiques prendre en otage le plan de sauvetage et qui ont violé l’accord de juillet passé entre les chefs d’État et de gouvernement alors que la Hongrie s’est toujours conformée aux traités”. Mais, espère un professeur d’économie s’exprimant auprès du journal Világgazdaság, “l’enjeu est si important qu’il y aura une forme de compromis même s’il est vrai, fait remarquer István Magas, que le Brexit a prouvé que les intérêts financiers ne sortent pas toujours vainqueurs”.

Joël Le Pavous





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