À la Une: l’Afrique relativement préservée par le Covid



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« Hier, rapporte le quotidien Enquête au Sénégal, lors du point quotidien sur la situation sur le coronavirus, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a fait état de 8 nouvelles contaminations sur un total de 608 tests, dont deux cas importés. »

Le Sénégal, donc, un exemple parmi d’autres de faible taux de contaminations.

Et globalement, la pandémie sur le continent n’a pas eu les effets dévastateurs que certains prédisaient.

C’est ce que relève Le Monde Afrique : « sur la carte du monde de la pandémie, l’Afrique continue de se démarquer. Alors que l’Europe voisine apparaît à nouveau submergée, le nombre des contaminations connues y est comparable à celui de la France. Plus de neuf mois après l’apparition du Covid-19 sur le continent, 1,95 million de cas ont été signalés, soit moins de 4% des cas recensés dans le monde alors que le continent compte 17% des habitants de la planète. »

Certes, poursuit Le Monde Afrique, « les interrogations sur la fiabilité des chiffres n’ont pas disparu, justifiées par le faible niveau du dépistage – moins de 20 millions de personnes testées au total. Pour autant, aucun pays n’a observé des pics de surmortalité qu’il ne saurait expliquer, pouvant laisser croire à une diffusion du virus restée sous les radars. Semaine après semaine, les infrastructures sanitaires, malgré leur insuffisance générale, ont permis de faire face. Et les anticipations catastrophiques des premiers jours ne se sont pas matérialisées. »

L’Afrique de l’Ouest et du centre peu touchée

En fait, précise encore Le Monde Afrique, « la géographie de l’épidémie s’est transformée et c’est dans le nord du continent, Maroc et Egypte en tête, qu’elle progresse aujourd’hui le plus vite. Au sud du Sahara, le Kenya est lui aussi confronté à des niveaux de contamination supérieurs à ceux de l’été. Ici et là, un reconfinement est même envisagé. L’Afrique du Sud, qui concentre plus de 40 % des malades diagnostiqués du continent, n’a pas rechuté mais là aussi l’inquiétude persiste. »

Mis à part les côtés nord, sud et est, le continent paraît épargné. Exemple au Cameroun, comme l’explique, toujours dans Le Monde Afrique, la directrice de l’Institut Pasteur à Yaoundé, Elisabeth Carniel : « très peu de personnes ont dû être hospitalisées. Peu sont mortes. Le taux d’occupation des lits Covid est de 1 %. Le confinement a été peu respecté et aujourd’hui, tout le monde va à la messe ou participe à des rassemblements sportifs sans porter de masques. Quelque chose a protégé la population. Quoi précisément ? Je ne sais pas. »

Alors comment expliquer cette résistance au virus ? D’après l’OMS, pointe Le Monde Afrique, « la réaction précoce des gouvernements dans la gestion du nouveau coronavirus, la maîtrise des méthodes de dépistage et de traçage dans une région habituée à gérer des contagions récurrentes constituent l’élément décisif pour expliquer l’évolution singulière du continent. Même si l’OMS n’écarte pas les autres hypothèses souvent avancées : forte proportion des jeunes dans la pyramide des âges, faible insertion de l’Afrique dans les grands itinéraires de la mobilité internationale ou encore une meilleure résistance des populations acquise par une exposition régulière aux virus… »

Indice Mo Ibrahim 2020 : un bilan préoccupant

À la Une également, la bonne gouvernance en baisse sur le continent…

Pour la première fois en dix ans, l’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique note une dégradation de la situation. « Sa publication est attendue chaque année, note Jeune Afrique, ne serait-ce que pour savoir qui ont été les bons et les mauvais élèves du millésime écoulé. L’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, réalisé par la fondation du milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim, est devenu une institution. »

Mauvaise surprise donc : « pour la première fois depuis que la Fondation Mo Ibrahim s’est attelée à la tâche, l’état global de la gouvernance en Afrique est en régression. Depuis 2010, précise Jeune Afrique, dans les quatre grandes catégories retenues (à savoir : participation, droits et inclusion ; sécurité et État de droit ; développement humain ; fondements des opportunités économiques), la situation n’avait cessé de s’améliorer. Depuis 2015 toutefois, cette progression avait connu un ralentissement. Et en 2019, on a observé pour la première fois un recul de la note moyenne, qui concerne trois catégories sur quatre (seules les ‘opportunités économiques’ sont épargnées). (…) En haut du classement, c’est-à-dire du côté des pays où les droits et la légalité sont les mieux respectés, on retrouve Maurice, suivie du Cap Vert, des Seychelles, de la Tunisie et du Botswana. L’Afrique du Sud, le Maroc, le Sénégal et le Rwanda ne sont pas loin derrière, Niger, Mali et Gabon naviguent au milieu du classement, tandis que les trois Guinée et les deux Congo sont relégués au fond de la classe, devant le trio qui ferme la marche : Érythrée, Soudan du Sud et Somalie. »



rfi

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